Un film qui m'a profondément ému, d'un bout à l'autre. Et c'est très rare.
Parce que c'est l'Afrique noire. Que je l'aime. Que j'y suis attaché. Ses couleurs. Sa terre. Sa nature, bien évidemment. Mais d'abord et surtout parce que c'est là qu'on retrouve ce qu'il y a de plus près de l'être humain, de ce qu'il aurait du rester. J'ai le profond sentiment d'y retrouver mes racines. Celles que nous avons quittées il y a 70000 ans.
Chaque fois que j'y suis allé, j'ai eu l'impression de m'y réenraciner. Et c'est le seul endroit au monde où je ressens cela. Cette quiétude, je ne la retrouve que seul ou en petit groupe, dans la caillasse des montagnes.
Bien évidemment, tout est loin d'y être parfait. La pauvreté et la corruption y sont bien trop fréquentes. Mais à qui en imputer la faute, si ce n'est à nous, les colonisateurs et les pilleurs de ressources et de chair ?
Ce premier long métrage réalisé par Pierre Linhart aborde bien des thèmes sensibles. Il a été à bonne école, avec son philosophe de père, souvent un peu trop radical à mon goût, mais qui a su mettre son doigt dans beaucoup de plaies à vif.
L'Afrique, la recherche de ses racines pour deux des personnages. Un enfant adopté, et un Noir américain, descendant d'esclave, fatalement. Les anciens marchés aux esclaves destinés aux Antilles françaises, à l'Amérique du Nord et au Brésil. Près d'un million de déportés. Le film nous emmène en deux lieux symboliques de cette traite. L'île de Gorée au Sénégal et Ouidah au Bénin. Et puis, et peut-être surtout, la manière délicate et sensible avec laquelle est traitée l'homoparentalité ... Et Érik Satie qui nous accompagne tout au long de l'histoire.
