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... par manque de vitamine D, remettent une déclaration d'indépendance de treize colonies britanniques, établies entre Côte Est et Mont Appalaches, à un congrès de colons réunis à Philadelphie. Leurs noms : Benjamin Franklin, inventeur de génie autodidacte, de Pennsylvannie, John Adams, futur second président des États-Unis, du Massachussetts, Robert Livingston, de la Province de New-York, futur ambassadeur, Roger Sherman de la colonie du Connecticut, futur sénateur, et bien entendu Thomas Jefferson, avocat, propriétaire terrien et esclavagiste de Virginie, futur troisième président des États-Unis.
Cette "déclaration" acte l'indépendance des colons anglais d'Amérique vis-à-vis du Roi d'Angleterre George III. Le projet est rédigé dès le début juin 1776 par celui d'entre eux qui a la meilleure plume, le virginien Jefferson de seulement 33 ans, homme de plume mais aussi grand orateur. Les quatre autres y apporteront quelques modifications à la fin juin, et le texte sera remis au congrès de Philadelphie le 2 juillet. Ce texte est une succession de griefs faits au roi Georges III. Notamment, Jefferson lui imputait la responsabilité de la traite des esclaves africains. Si ce n'est pas faux, il est notoire que tous les riches propriétaires terriens des colonies du sud (Virginie, les deux Carolines et Géorgie) en usaient abondamment et que tous leurs revenus provenaient du travail des esclaves. Jefferson ne critiquait d'ailleurs pas l'esclavagisme, qu'il pratiquait avec plus de cent esclaves dont il se déclarait propriétaire, mais la traite, c'est à dire la capture, le transport et la vente. C'était une critique des plus hypocrites. Après revue, le congrès supprima certains passages, dont celui sur la traite, car il craignait le mécontentement les colonies du sud. Le Sud n'était d'ailleurs pas le seul à profiter de l'esclavage. Certaines colonies du Nord (dites de "Nouvelle-Angleterre"), telles que celle de New-York, achetait des esclaves pour les vendre aux planteurs du Sud.
Car c'était bien une "déclaration" de riches bourgeois et une future guerre d'indépendance de riches bourgeois qui se dessinait là. Les "Patriotes" comme ils allaient s'auto-proclamer. Auxquels viendraient s'adjoindre, souvent contraints et forcés, les petits ouvriers et travailleurs de la terre, ne possédant presque rien, mais à qui on faisait miroiter un avenir brillant, tandis qu'ils allaient d'abord servir de chair à canon, comme dans toutes les guerres. Cet avenir brillant, ils allaient pouvoir l'obtenir, si les Patriotes gagnaient la guerre contre les Anglais et contre les Loyalistes (les colons qui ne désiraient pas l'indépendance), grâce à l'octroi de terres dont ils deviendraient propriétaires, au-delà des Appalaches. Ces terres étaient bien évidemment en territoire indien, mais qu'importe. De toutes façons, les Amérindiens sont les grands oubliés de cette "déclaration d'indépendance". Il n'en est nulle part fait mention. Pour Jefferson, de toutes façons, ce ne sont que des sauvages sanguinaires, avec lesquels il est impossible de traiter et qu'il ne faut pas hésiter à éliminer.
Franklin et Washington pour leur part, se sont déjà fait promotteurs fonciers, et proposent déjà des terres au-delà des Appalaches, terres encore inaccessibles, et qu'ils ne sont même pas certains d'acquérir. Les Anglais ont d'ailleurs interdit toute expansion des colonies au-delà des Appalaches. Cette zone, dans l'esprit des colonisateurs du moins, appartient aux Anglais depuis la fin de la guerre de Sept Ans, qui a vu, en Amérique, la victoire des Anglais sur les Français. Ceux-ci ayant perdu le Canada (qui s'étendait principalement à l'époque de Terre Neuve au Grands Lacs, en remontant le Saint-Laurent, via Quebec et Montréal) ainsi que la partie de la Louisiane située sur la rive gauche du Mississipi, c'est à dire à l'est de celui-ci au profit de l'Angleterre, et la Nouvelle-Orléans et toute la Louisiane située à l'ouest du Mississippi au profit des Espagnols. Rappelons que la Louisiane, découverte au cours des trois expéditions de René-Robert Cavelier de La Salle pour le compte de Louis XIV à la fin du XVIIe siècle couvrait une superficie de 8 millions de km2 , soit 40% de la superficie actuelle des États-Unis et du Canada combinés. La guerre de Sept Ans, première guère mondiale, impliquant la France, l'Angleterre, la Prusse, l'Autriche, la Russie et l'Espagne avait fait perdre tous ses territoires américains à la France à l'exception des Antilles françaises. Elle récupérera la Louisiane Occidentale en 1800, mais seulement pour trois ans, puisque Napoléon, jugeant le territoire ingouvernable, et ayant cruellement besoin d'argent pour ses guerres européennes, vendit l'ensemble du territoire aux Américains en 1803, toujours bien sûr au mépris total des Amérindiens, leur ouvrant ainsi un vaste empire et l'accès à la côte ouest.
Cette guerre de Sept Ans avait vidé les caisses des divers bélligérants. Ceci explique les fortes taxations que le Royaume d'Angleterre exigeaient des colons américains. Ceux-ci bien évidemment trouvaient ces taxations abusives, d'autant qu'elles leur étaient imposées sans qu'aucune instance américaine ne puisse participer à la décision. Cela constituait en très grande partie les causes de la volonté d'indépendance. À mon sens, il convient de nuancer : les colons étaient fortunés, et la guerre de Sept Ans, cause des dépenses énormes consenties par l'Angleterre, leur ouvrait un large territoire d'expansion au-delà des Appalaches. Mais, le libéralisme économique des grandes fortunes coloniales était déjà bien ancré (comme il l'est toujours aujourd'hui dans ce qui est devnu l'Empire américain), et une telle perspective ne pouvait que leur être intolérable.
Les Anglais finiront par perdre cette guerre civile dite "guerre d'indépendance". Ils perdront de ce fait une très grande partie de leurs colonies occidentales. Mais leur esprit de conquête était déjà ailleurs. Leurs regards se portaient vers l'Asie et vers l'Afrique. Ils se remettront très vite de la guerre de Sept Ans. Au contraire des Français. Leur défaite et les caisses vides allaient certainement être la cause première du rejet de la monarchie (plus que les dépenses somptuaires de Marie-Antoinette, qui était une cible bien facile à vendre au peuple). L'argent, ils pouvaient le trouver chez ceux qui détenaient la richesse, c'est-à-dire les Nobles (du moins ceux qui disposaient de vastes domaines) et l'Église. Sans la guerre de Sept Ans, il n'est pas sûr que l'Histoire de France ait suivi cette trajectoire. La Révolution Française était également un révolution de bourgeois. Qui tourna à la dictature et à la Terreur. Terreur que Jefferson considéra d'ailleurs comme légitime. Mais quoi qu'il en ait pensé, la Révolution Française fut une révolution sanglante, plus encore que la révolution américaine, et ce fut une révolution ratée, qui déboucha sur deux empires et trois monarchies, avant que la République française ne soit enfin stabilisée en 1879, à la démission de Mac Mahon.
Dans les premiers mots de la "Déclaration d'indépendance", Jefferson déclarait que les hommes devaient être libres, égaux et aspirer au bonheur. De sa part, et de la part de tous les "Pères fondateurs", c'était d'une hypocrisie épouvantable. On sait très bien que les hommes ne seront jamais égaux. Comment l'homme qui réparait la charpente de Monticello ou de Mount Vernon aurait pu être égal au riche propriétaire d'esclaves qui vivait dans cette propriété ? Et comment parler de liberté alors que des gens comme Jefferson et Washington maintiennent des centaines d'être humains en esclavage. Cette "déclaration d'indépendance" était une vaste fumisterie qui fut approuvée par le Congrès de Philadephioe le 4 juillet 1776, il y a 250 ans, et que la clique à Trump, ainsi que 340 millions d'Américains vont célébrer sans aucun état d'âme.
Les États-Unis d'Amérique sont toujours une colonie, et comme pour toute les colonies, ces colonisateurs n'ont aucun droit (humain, j'entend) d'être là, du moins quand c'est pour dominer, écraser, torturer, anéantir ceux qui étaient là des siècles, des millénaires, des dizaines de millénaires avant eux. La population autochtone des Amériques (ceux qui avaient commencé à peupler le continent il y a 20000 ans) étaient environ de 50 millions avant l'arrivée de Colomb. Puis sont arrivés les Espagnols, les Portugais, les Anglais, les Français et les Hollandais, avec leurs mousquets, leurs couteaux et leurs virus, dont la terrible variole. Au début du XVIIIe siècle, ils n'étaient plus qu'environ 5 millions (10%), et le massacre n'était pas fini. Ces Européens n'avaient rien à faire là ! En tous cas, il n'y a rien à célébrer ce 4 juillet 2026 !
Regardons maintenant le documentaire de Ken Burns. C'est un excellent documentaire récent (2025) vu bien sûr de l'oeil d'un Américain, mais qui tout d'abord est très concret, relatant les huits ans de guerre civile, de 1775 à 1783 conduisant à l'indépendance, en six épisodes de deux heures chacun, illustré de nombreuses peintures relatant les événements, et de nombreuses citations, et qui essaie d'être le plus objectif possible concernant chacune des parties. Nous y ajouterons ensuite une étude sur l'histoire des Amérindiens. depuis les premiers peuplements de l'Amérique du Nord, jusqu'à leur vie sous le joug des Français, des Anglais puis des Américains, et leur espoir d'obtenir enfin leur reconnaissance, ce qui, à l'heure actuelle n'est toujours pas acquis.
La guerre d’indépendance américaine : toute l’histoire - Ken Burns (2025)
À part peut-être Madame Tatcher ...
Robespierre et Danton étaient avocats, Marat, médecin, Lénine, avocat, Mao, propriétaire terrien et diplômé de l'école normale, Castro, avocat, Ernesto Guevara, le tortionnaire de la Cabaña, médecin, Franklin, scientifique, John Adams et Thomas Jefferson, avocats. Presque toutes les révolutions ont été initiées et dirigées par des hommes éduqués qui se sont servis des prolétaires comme chair à canon. Presque toutes étaient effroyablement sanglantes.
Au milieu de ces luttes fratricides, souvent il y avait heureusement des femmes pour voir les choses avec plus d'humanité, pour tempérer la cruauté guerrière des hommes, pour dénoncer les abus, pour espérer que la fraternité revienne et pour conserver l'utopie d'une paix universelle.
Certaines l'ont payé de leur vie, comme Olympe de Gouges, certaines se sont directement investies dans la construction d'un monde meilleur, comme Éléonor Roosevelt, d'autres ont tenté d'instiller ces idées dans l'esprit de leur mari. Ce fut le cas d'Abigail Adams.
Abigail était demeurée dans leur domaine du Massassuchetts durant cette guerre civile. Tandis que John lui était à Philadelphie. Ce qui nous vaut un abondant courrier échangé entre les époux pendant ces huit années de guerre. Voici un extrait d'une lettre qu'elle adresse à John :
" Je suis de plus en plus persuadée que l'homme est une créature dangereuse. Le pouvoir, qu'il soit détenu par un grand nombre ou une poignée de gens, en réclame toujours plus. Comme la tombe, il supplie : « Donne m'en encore plus ». Vous me parlez de degrés de perfection que la nature humaine est capable d'atteindre. Je vous crois. Mais en même temps, je me désole que votre admiration ne naisse que de la réalité de ces exemples. Quand je songe à tout cela, je m'inquiète du sort de notre monarchie, notre démocratie ou du système qui sera mis en place "
N'est-ce pas effroyablement contemporain ?
L'aventure oubliée des Indiens d'Amérique - Collections de L'Histoire N° 54, janvier-mars 2012

Des peuples d'Amérique du Nord à l'époque de la conquête, nous ne savons à peu près rien. Sept à dix millions d'individus, des centaines de peuples, des dizaines de langues... Certains étaient chasseurs-cueilleurs, d'autres agriculteurs. Ils vivaient dans des huttes ou dans de vastes demeures de bois richement ouvragé, parfois dans des maisons à étages. Ils pratiquaient la guerre, le commerce. Certaines sociétés étaient démocratiques, d'autres théocratiques, d'autres encore possédaient des esclaves. Aussi divisés et différents que les peuples européens à la même époque.
Cette extraordinaire diversité politique, sociale, culturelle est aujourd'hui oubliée, comme l'est aussi l'aventure française en Amérique. Pourtant, les premiers et les plus riches témoignages sur l'Amérique du Nord nous viennent de ces colons, marchands et missionnaires qui, à la suite de Jacques Cartier, vécurent aux côtés des Indiens jusqu'à devenir des « sauvages blancs ».
La colonisation du territoire par la jeune nation des Etats-Unis ouvre une autre ère : déportations, traités violés, guerres, tout est mis en œuvre pour déposséder les Indiens et les confiner dans des réserves. A la fin du XIXe siècle, la population indienne d'Amérique du Nord décimée par les maladies, démoralisée, épuisée, ne compte plus que 375 000 âmes. Les Indiens semblent voués à disparaître, comme les bisons des Grandes Plaines.
Le projet, aux Etats-Unis, comme au Canada, est l'assimilation.
Ma perception de ces États-Unis qui commémorent leurs 250 ans d'existence
Tout d'abord, mon argumentation s'appuie sur ce que, de ma vie durant, j'ai considéré être les pires des injustices, je devrais dire : des horreurs de l'espèce humaine : le racisme , l'exclusion et la colonistation.
Je l'appuie aussi sur ce que j'apprends du documentariste Ken Burns (dont "la guerre d'indépendance" est reprise ci-dessus), sur l'abondante documentation fournie par Le Monde au cours de cette dernière quinzaine, sur les articles publiés par le New York Times, et bien évidemment sur tout ce qui se passe actuellement dans ce « pays », où le plus ignoble président que les Étas-Unis ait connu, le plus stupide de tous, accompagné de ses plus ardents thuriféraires, revoit l'histoire américaine pour en faire le plus merveilleux pays du monde, appartenant à l'homme blanc chrétien ... Il n'a d'ailleurs pas tout à fait tort, car c'est ainsi que tout à commencé. Trump veut juste faire un saut de 250 ans en arrière.
A giant leap for fascists, a stumbling step for mankind.
- Ce pays EST et est ENCORE et TOUJOURS une COLONIE. Ou 50 colonies, si vous voulez le considérer comme cela a commencé, par treize territoires, entre océan et monts Appalaches, envahis par des Anglais et une minorité d'Allemands, pour des raisons diverses. Au nord, seront fondées les colonies du Massachussets (qui sera plus tard subdivisé en Massachussets et Maine) et du New Hampshire où débarquent des fondamentalistes de religion protestante, qui s'opposent à l'anglicanisme (La religion déjà ... Elle restera omniprésente dans ce pays qui a eu le toupet, par le premier amendement de sa constitution du 17 septembre 1787, de prétendre à la séparation de l'Église et de l'État), la Pennsylvannie des Quakers et le Maryland des catholiques. Au milieu de tout cela, des colonies qui y voient des opportunités commerciales. La province de New York, le Connecticut, le Rhode Island, le New Jersey, le Delaware. Au sud, de vaste étendues, propices aux cultures, céréales et coton. Une mine d'or. Si on amène des fonds, on peut facilement y devenir de grands propriétaires terriens. Et on ne devra même pas travailler. La traite des Africains, capturés sur la côte ouest d'Afrique est déjà en plein essor chez les Espagnols et les Portugais d'Amérique latine, et chez les Français des Caraïbes. Les Français donneront un fameux coup de main pour pourvoir ces colonies du sud en esclaves. Les marchands new-yorkais ne seront d'ailleurs pas en reste, puisqu'ils saisissent l'oppotunité pour assurer un commerce triangulaire entre eux, la France et ces colonies du sud. Seuls les Quakers de Pennsylvanie resteront en grande partie hors du jeu, par leur pacifisme et déjà leur horreur de l'esclavage. Les Quakers auront d'ailleurs à plusieurs reprises à en subir les conséquences.
Bref, ces quatres colonies très vastes et peu peuplées (si ce ne sont ces sauvages dont on ne fera qu'une bouchée) sont les mêmes que celles qui rejoindront les états sécessionnistes lors de la guerre civile de 1861-1865 : la Virginie, les deux Carolines et la Géorgie. - Arrive la guerre de Sept Ans (1756-1763). Elle peut être considérée comme la première guerre mondiale, puisqu'elle implique la France alliée à l'Autriche face aux Britanniques alliés aux Prussiens. Mais aussi les Russes aux côtés de l'Autriche et les Espagnols aux côtés des Français. Espagnols, Britanniques et Français ayant de vastes territoires et colonies en Amérique du Nord, la guerre déborde bien évidemment du théâtre européen pour se propager également en Amérique. Ironiquement, il semble d'ailleurs que de ce côté, le feu ait été mis aux poudres par un jeune officier le l'armée britannique ayant ouvert le feu contre un peloton français. Son nom : George Washington. Les Britanniques et les Prussiens sortiront vainqueurs de cette guerre. La France y perdra le Canada (qui s'étendait à ce moment depuis Terre-Neuve, le long des rives du Saint-Laurent, avec Quebec et Montréal, jusqu'aux Grands Lacs) au profit des Anglais. De même, ils devront leur céder la partie orientale de la Louisiane entre le Missisippi et les Appalaches. La Louisiane était alors un immense territoire de 8 millions de km2, s'étendant de part et d'autre du Misissippi depuis les Grands Lacs jusqu'au Golfe du Mexique. Tout le côté occidental de la Louisiane sera également administré par l'Espagne jusqu'à ce que les Français y reprennent leurs droits en 1800. Cette guerre fut extrèmement couteuse pour tous les bélligérants. Les caisses de la France et de la Grande-Bretagne sont vides. À mon avis, ce sont les conséquences de cette guerre, plus que la mauvaise gestion des ministres de Louis XVI ou les frasques de Marie-Antoinette, qui ont été les causes premières de la Révolution française. Du côté britannique, pour renflouer les caisses de l'État, il faut impérativement lever de nouvelles taxes, et, c'est du moins mon point de vue, les grands bénéficiaires de le victoire britannique sont les colons d'Amérique. La menace française a disparu. De vastes territoires s'ouvrent à l'ouest des Appalaches, des personnages importants comme Benjamin Franklin et George Washington y voient directement une opportunité d'y faire de la promotion immobilière, sur des terres qui ne leur appartiennent même pas. Le trafic d'esclave fonctionne à fond. Les propriétaires terriens de Virginie et des autres colonies du sud, parmi lesquels Washington et Jefferson, s'enrichissent énormément. Il était donc tout à fait justifié de les faire contribuer bien davantage que la petite bourgeoisie de la métropole, au renflouement des caisses. Arrive donc le Stamp Act puis le monopole britannique sur certaines denrées vendues aux colonies, comme le thé, que les riches bourgeoises de Nouvelle-Angleterre apprécient tellement. Et comme toujours, quand il s'agit de taxer les riches, ceux-ci se rebellent. C'est encore ainsi aujourd'hui, en Europe comme en Amérique. Non ! Pas d'accord pour payer pour les gueux de cette lointaine Angleterre que d'ailleurs nous ne reconnaissons même plus. C'est du moins vrai pour une partie d'entre eux, qui s'auto-proclameront "Les Patriotes", ainsi que le montre bien le documentaire de Ken Burns.
- La déclaration d'indépendance : Donc, en juin 1776, une bande de bourgeois mâles emperruqués décident que maintenant trop, c'est trop. On n'a pas dépensé tout cet argent pour s'acheter des esclaves pour maintenant devoir aider cette lointaine mère-patrie, qui bien qu'elle nous ait débarassé des Français et ouvert les portes de l'Ouest, a maintenant cette odieuse prétention de nous faire payer des taxes ! Le libéralisme économique américain est déjà né avant même que ces types se déclarent libres. Les empérruqués se réunissent donc en Congrès à Philadelphie et désignent cinq des leurs pour rédiger un projet de déclaration d'indépendance. Ils seront de cinq colonies différentes : Benjamin Franklin de Pennsylvanie, John Admas du Massachussetts, Robert Livingstone de New York, Roger Sherman du Connecticut et Thomas Jefferson de Virginie. Jefferson est le plus jeune. Il n'a que 33 ans, mais c'est un brillant avocat qui sait comment convaincre et surtout qui a l'écriture facile. Les quatre autres le laissent donc écrire un premier projet qu'ils reliront et le cas échéant, amenderont.
Nous n'allons pas ici passer en revue tout le projet de Jefferson. Rappelons simplement que dans son premier jet, il reprenait essentiellement les idées de John Locke sur les droits naturels: tous les hommes sont créés libres, égaux, et peuvent jouir sans contrainte de leurs biens. Qu'entend-t-on par "leurs biens" ? Les esclaves en font-ils partie ? Jefferson est un planteur de Virginie qui possède plus de 600 esclaves. Washington n'en est pas loin non plus. Par ailleurs, Jefferson, dans son texte attaque la traite des esclaves noirs. Il en sera glorifié jusqu'au XXe siècle, y compris par Martin Luther King. Pourtant, quelle hypocrisie funeste. La traite des esclaves, non, mais la propriété d'esclaves, il n'en parle pas. Jefferson sera un ignoble esclavagiste toute sa vie.
La jouissance des biens fait donc débat lorsque les quatre autres relisent le projet. Surtout de la part de John Adams qui est un anti-esclavagiste militant, et qui sera sa vie durant en opposition avec Jefferson. Le texte devient donc "Tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par leur Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur". Les Américains font toujours référence aujourd'hui à ce texte qu'ils jugent magnifique. Ce le serait, si ce n'était pas absolument hypocrite et jamais appliqué. La première notion énoncée est que l'homme est créé par une puissance surnaturelle. Je me sens donc immédiatement exclu, moi qui suis un empiriste logique. On vient d'emblée mêler religion et démocratie. Mais cette république voulue par les colons d'Amérique, était-elle supposée être une démocratie ? Assurément non ! "Égaux" ? Oui, si on se limite aux hommes, pourvu qu'ils soient blancs et riches. Je doute que le maréchal-ferrand de Jefferson ait été, ne fut-ce qu'une seconde, égal à lui. D'ailleurs dans cette guerre civile qui se prépare, pompeusement appelée "Guerre d'indépendance", les riches bourgeois restent à l'arrière, les officiers observent du haut de la colline, et ceux qui se font massacrer, ce sont évidemment les bouseux, comme dans toutes les guerres. Les bouseux à qui on promet, s'ils sont de bons patriotes, l'accès à la propriété sur des terres qui sont encore à conquérir. "Libres" ? Oui, toujours les mêmes, les hommes blancs nantis. Libres de ne plus rien payer à la Grande-Bretagne. Oublions les esclaves, bien entendu. Cette déclaration ne les concerne pas. Ni les peuples autochtones, qui sont là depuis 20000 ans, dont la population a déjà diminué de 90% entre l'arrivée des Anglais au début du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle, soit en à peine 100 ans. Ils sont encore environ 7 millions en Amérique. Ils ne seront plus que quelques milliers après le conquête de l'Ouest.
"La recherche du bonheur" ? Ce sera un des leitmotivs diu libéralisme américain. Encore aujourd'hui. Surtout aujourd'hui. J'ai le droit de faire ce que je veux si tel est mon bon plaisir. Et que l'Administration fédérale ne me mette pas de bâtons dans les roues. L'intervention du colon sud-africain Elon Musk a été exemplaire à cet égard pour briser le maximum d'obstacles que les agences gouvernementales avaient placés comme garde-fous sur sa route. - La constitution américaine du 17 septembre 1787 est la plus vieille constitution du monde. À l'exception peut-être de la république de Saint-Marin, la plus vieille république au monde, mais qui n'a pas de constitution proprement dite, mais un ensemble de lois en latin, datant du XVIIe siècle qui font office de droit constitutionnel et administratif du pays. Mais pour avoir visité les deux, je préférerais de loin habiter à Saint-Marin qu'aux USA. Mais les Américains sont très fiers de leur constitution archaïque. Ils estiment qu'elle a été magistralement réfléchie par leurs "Pères fondateurs" et qu'elle constitue le ciment du pays. À voir ! Non seulement on peut observer, surtout aujourd'hui, qu'elle ouvre la porte à un maximum d'abus autocratiques, mais qu'en plus, un type comme Trump n'a même pas peur de la piétiner quand ça l'arrange.
Cette constitution ne possède que 7 articles, dont seuls les trois premiers sont détaillés. Ils concernent les rôles et prérogatives des trois pouvoirs : le Congrès, l'Exécutif, principalement le Président, et le Judiciaire, dominé par la Cour Suprême.
Il est bien sûr stipulé dans ces articles que des amendements peuvent y être ajoutés par le Congrès, si une majorité des deux tiers peut être obtenue dans les deux chambres. Et à ces 7 articles s'ajoutent de fait aujourd'hui 27 amendements dont le dernier date de 1992, et le dernier d'importance, de 1971 abaissant l'âge du droit de vote à 18 ans. L'amendement le plus important est, je suppose que tout le monde en conviendra, le 13e amendement du 31 janvier 1865 qui n'est constitué que de deux sections de deux lignes, mais qui abolit l'esclavage. Les dix premiers amendements ont été ajoutés très tôt, ratifiés le même jour, le 15 décembre 1791 et constituent « la Déclaration des Droits ». Nous y reviendrons. Mais pour ce qui constitue le corps du texte, principalement les trois premiers articles de la Constitution, à de petits détails près, ont été immuables depuis ce 17 septembre 1787. Le nombre de députés par État, en fonction de sa population y est définie. Le fait que chaque état ait deux sénateurs également. Le principe des grands électeurs, ce système si peu démocratique et non représentatif du vote populaire, puisqu'il permet de remporter une élection en ayant reçu moins de votes dans les urnes que son adversaire (ce n'est d'ailleurs pas un cas unique, le système électoral majoritaire français ne représente pas non plus le vote populaire). Dans les faits, chaque état a autant de grands électeurs qu'il a d'élus au Congrès, quel que soit le parti. Soit un nombre égal aux nombre de députés + 2 sénateurs. Mais ces congressistes ne peuvent pas cumuler leur fonction avec celle de grand électeur. Cela n'a pas changé depuis 1787. Le fait qu'en cas de vote 50/50 au Sénat, la voix du vice-président vient départager les sénateurs est aussi dans la constitution originale. Avantage donc à la majorité présidentielle. La longue liste des prérogatives du Congrès y est aussi établie, à la section 8 de l'Article I, et n'a pas changé depuis. Par exemple, de lever des impôts, de faire des emprunts, de battre monnaie, de favoriser le progrès des sciences et des arts en donnant pour un temps le droit exclusif aux auteurs sur leurs inventions (notion de brevet), de déclarer la guerre ... Si j'ai pris ces quelques cas, c'est parce qu'ils figurent parmi les attributions les plus importantes du Congrès, mais aussi parce que, en à peine un an de temps, Trump les a tous bafoués, sans que la majorité républicaine à sa botte, jamais ne réagisse ni ne le contre. Il y avait autant de fois matière à mise en accusation de Trump (impeachment), mais cette mise en accusation demande déjà la majorité simple à la Chambre, ce qui n'est déjà pas acquis dans une Chambre à majorité républicaine, mais surtout, le procès en destitution doit lui être tenu au Sénat et requiert deux tiers des sénateurs présents. Ce qui dans le climat actuel et les mentalités avides d'argent, est simplement impossible. Cette vieille constitution donne en plus des pouvoirs forts au président des Étas-Unis. Ce qui se comprend d'ailleurs assez bien dans le contexte de cette lointaine époque : le pays, une fédération de colonies ayant des objectifs différents voire divergents, est encore fragile. Même après huit ans de guerre, les Anglais qui ne sont pas loin, puisqu'ils sont encore maîtres du Canada, peuvent encore être menaçants. Et le pays nouveau est encore peuplé de nombreux légitimistes, fidèles à la couronne britannique (même si nombre d'entre eux ont émigré vers les Antilles britanniques), et le problème de l'esclavage fait déjà débat entre le Nord et le Sud. Il était alors logique de vouloir un homme ayant la posture d'un chef fort et rassembleur auquel il fallait permettre de faire preuve d'autorité. Le choix du premier président fut vite fait en 1789. Ils ont choisi le militaire qui leur avait permis de bouter l'Anglais dehors : George Washington. Pour deux mandats de 4 ans. La Constitution ne prévoyait pas en ce temps là une limite au nombre de mandats. La limite à deux mandats de 4 ans ne sera adoptée que par le XXIIe amendement du 21 mars 1947, deux ans après la mort de Franklin Roosevelt, élu quatre fois, et seul président ayant exécuté plus de deux mandats. Mais si le Congrès vote les lois à la majorité simple des deux chambres, celles-ci doivent ensuite être soumises au président, qui peut émettre toutes critiques qui lui semblent justifiées, faire ses propres propositions et les retourner au Congrès pour modification. Cete fois, les deux chambres du Congrès doivent approuver la loi amendée par une majorité des deux-tiers dans chacune des chambres. Autant dire que cela, dans le contexte des XXe et XXIe siècles est devenu pratiquement impossible, et que le président des États-Unis jouit par conséquent d'un droit de véto et domine de facto le pouvoir législatif. Quant au pouvoir judiciaire, la plus haute instance en est la Cour Suprême. Ses juges sont nommés par le président. Ils sont en principe nommés à vie, sauf démission, retraite, mort ou malveillance. Le Congrès a le pouvoir de nommer les instances fédérales subalternes. Mais en cas de désaccord, c'est la Cour Suprême qui tranchera. La Cour Suprême est un organe judiciaire contrôlé par le président. Il contrôle donc le Législatif et le Judiciaire. La Constitution archaïque de 1787 s'appliquant donc toujours aux États-Unis, ce pays est donc encore aujourd'hui, de par sa Constitution, un état présidentiel autoritaire. On est loin de la belle démocratie tant chantée par le peuple américain. Les États-Unis sont une république, mais ce n'est pas une démocratie. Il n'y existe pas de réelle séparation des pouvoirs. - Venons-en maintenant aux amendements de la Constitution : je voudrais surtout me focaliser sur le second amendement qui fait tant débat. Celui qui donne, en principe, l'autorisation à tous citoyens d'être armé. Je le reproduis ici dans sa version originale anglaise, et dans sa traduction française :
"A well regulated Militia, being necessary to the security of a free State, the right of the people to keep and bear Arms, shall not be infringed."
(et je laisse volontairement les virgules figurant dans le texte d'origine)
et dans sa traduction française :
"Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé."
Cette traduction me pose problème, car elle ne tient justement pas compte des virgules, qui sont autant de ruptures dans l'énoncé. Pour ma part, je traduis ceci par :
"L'organistation d'une milice bien contrôlée, nécessaire à la sécurité d'un état libre, et par conséquent le droit des citoyens à être armé, ne peut être empêchée."
Ce qui est fondamentalement différent !
Le moins qu'on puisse dire, c'est que leurs fameux "Pères fondateurs" dont ils sont si fiers, on laissé cet amendement dans le flou le plus total. Mais cette foutrerie est toujours d'application aujourd'hui et est une source de conflit perpétuel qu'ils sont incapables de résoudre. Les armes sont en vente libre et tout le monde a le droit de posséder un AK-47. Dans un pays qui se vente d'être chétien, ce qui, je suppose, moi qui ne le suis pas, des valeurs de paix et d'amour du prochain, la peine de mort demeure d'application, et tout le monde peut se ballader avec une kalachnikov.
J'ai une autre interprétation, qui me semble beaucoup plus sensée, et qu'il faut remettre dans le contexte de l'époque. En 1789, Thomas Jefferson termine son mandat de ministre plénipotentiare en France (équivalent à l'époque au titre d'ambassadeur). Il avait en cela succédé à Benjamin Franklin. Son mandat étant terminé, il nomme pour lui succéder un de ses protégés, qu'il n'aura pas peur d'appeler son "fils adoptif". C'est le jeune William Short qui occupera cette charge de 1790 à 1792. Il paraît évident que, vu les rapports étroits entre Short et Jefferson, ce dernier ait été tenu au courant de tout ce qui se passait en ce moment si critique de la France révolutionnaire. Le second amendement a été ratifié le 15 décembre 1791, ne l'oublions pas. William Short est en ce moment en poste à Paris. Or, le 5 décembre 1790, alors que Short est déjà en fonction à Paris, Robespierre a rédigé un discours sur la Garde Nationale, qu'il n'a pas eu le temps de prononcer en séance plénière de l'Assemblée, mais dont le texte est annexé au décret sur la force publique, approuvé ce jour là. Ce discours précise qu'une garde nationale doit être créée pour protéger les citoyens des crimes venant de l'intérieur, et que tout citoyen membre de cette garde nationale a donc le droit d'être armé pour défendre la population. En substance, il s'agit ni plus ni moins que de ce qui allait devenir la gendarmerie. Dans son discours, il est aussi précisé que cette garde nationale est dévolue au maintien de l'ordre intra-muros, et qu'elle ne peut en aucune manière venir en support à l'armée en dehors des frontières. Il est toutefois stipulé qu'elle pourra le cas échéant, si les fontières sont en danger, suppléer l'armée dans la garde des frontières.
William Short ne pouvait pas ignorer ce discours de Robespierre et l'esprit de la garde nationale. Il paraît évident que l'information a été communiquée à Thomas Jefferson, et que dès lors, le second amendement se soit directement inspiré du texte de Robespierre. Les virgules en sont pour moi la meilleure preuve. Ce second amendement signifie, en copie conforme de la pensée de Robespierre que tout état à droit à une milice organisée (et de fait les shérifs sont élus dans les comtés américains) pour protéger les citoyens, et que par voie de conséquence, tout citoyen qui sera choisi pour faire partie de cette milice a le droit d'être armé. Ce qui coule de source. Mais ils se battent sur ce point depuis 250 ans, et des centaines de massacres ont été perpétrés dans ce pays à cause d'une interprétation volontairement erronée de ce second amendement. Qui, il faut bien l'avouer, a particulièrement été mal torché par ses rédacteurs. Mais la toute puissante National Rifle Association (NRA - Association Nationales des Armes à Feu) arrose un maximum de congressistes, et les choses ne sont pas prêtes de changer. D'ailleurs, tant qu'il sera permis aux sociétés privées de financer les campagnes des candidats au Congrès et à la Présidence, ce pays continuera à vivre sous le régime de l'arbitraire. C'est totalement inadmissible dans un pays démocrate et progressiste. - Et après ? Disons-le d'entrée, les Amérindiens, les autochtones donc, présents sur le continent depuis 20000 ans, et premiers hommes à y être entrés, venant d'Asie, ne jouissent d'aucun droit de représentation. C'est stipulé dans la section 2 de l'Article I de la Constitution, et dans son 14e amendement du 13 juin 1866 : "Les représentants seront répartis entre les divers États proportionnellement à leur population respective, calculée en comptant tous les habitants de chaque État, à l’exclusion des Indiens, non imposés".
L'esclavagisme continuera jusque dans les années 1860, et il faudra la guerre civile entre les 19 états du nord, auquels s'ajoutent les deux états de la côte pacifique (Californie et Orégon) et 11 états du sud, les 4 premières colonies esclavagistes ayant signé la déclaration d'indépendance : Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud et Géorgie, auxquels viennent maintenant s'ajouter les nouveaux états esclavagistes, conquis sur l'Espagne ou arrachés aux Amérindiens : la Floride, l'Alabama, le Missisippi, le Texas, le Tennessee, l'Arkansas et la Louisiane. Cette guerre, selon les dernières estimations, a fait environ 800.000 morts de 1861 à 1865, et se treminera par la victoire de l'Union (le Nord) contre la Confédération (le Sud) et l'abolition de l'esclavage.
Même si l'esclavage est aboli, cela ne met pas fin à l'inégalité "raciale". C'est fou ce que ces Amerloques utilisent encore aujourd'hui, même dans leurs textes les plus officiels, la notion de "race", alors que c'est une abérration génétique. Il n'existe pas de "races humaines". Il existe bien évidemment des diversités morphologiques selon les ethnies, mais ces gens se basent avant tout sur la couleur de peau pour définir un critère de "race". J'ai commencé mon texte en parlant de "cinq Anglais au teint devenu blême par manque de vitamine D". C'était une provocation voulue mais qui correspond à la réalité. Les colons d'Amérique, encore maintenant, considèrent que le Blanc est supérieur au Noir. La notion de "race" est toujours bien présente dans le 15e amendement de la Constitution. Or, pendant environ 280.000 ans de l'histoire de l'humanité, y compris en Europe, Homo sapiens était noir de peau. Les hommes qui ont peint Chauvet, il y a 35000 ans ou Lascaux, il y a 20000 ans étaient noirs de peau. La peau blanche est donc une anomalie récente, due au fait qu'après la dernière époque glaciaire, l'homme a commencé à se sédentariser, à manger d'avantages de céréales ou autres végétaux, beaucoup moins de viande, et donc diminuer son apport en vitamine D. En l'absence d'absorption de viamine D, le corps doit la fabriquer. Et cette biosynthèse comporte une étape photosynthétique, c'est à dire nécessitant de la lumière. La mélanine de la peau noire protégeaient des rayons UV néfastes de la lumière solaire, mais graduellemnt, la sélection naturelle a fait que ceux dont la peau devenait plus claire étaient favorisés. Et l'Européen est graduellement devenu blanc. On peut d'ailleurs observer que cette blancheur n'est pas uniforme, mais que la peau fonce au fur et à mesure qu'on passe du nord de l'Europe jusqu'au nord de l'Afrique. Même dans des pays comme la France ou l'Italie, on observe des variations de couleur de peau entre le nord et le sud. Ah oui : une exception ! Les Inuits, au teint foncé. Eh bien oui, ces gens se nourissent encore en abondance de poison ou de viande de phoque, et trouvent davantage de vitamine D dans leur alimentation. J'espère avoir convaincu les plus obtus que la notion de "race" est une stupidité d'un point de vue génétique. Si on prend deux groupes, l'un composé exclusivement d'Allemands, l'autre, pour moitié d'Allemands et pour moitié de bantous, on trouvera autant de variabilité génétique dans le groupe d'Allemands que dans le groupe mixte. La notion de "race" humaine est faite pour humilier, pour ostraciser, pour dominer, mais est une notion développée et maintenue vivante par des êtres humains ignobles et bêtes. On parle de "races" de chiens ou de chats, soit, c'est aisé pour comprendre de quels caractères morphologiques on parle. Et ni les chiens ni les chats ne savent qu'ils sont racisés, et de toutes façons ils s'en foutent. Mais même chez les chiens et les chats, cette notion de race n'a aucun fondement génétique.
Enfoncez-vous ça bien profond dans le crâne, les rascars !
Rappelons aussi qu'avant d'en arriver à cette épouvantable guerre civile, conduisant à l'abolition de l'esclavage, 10 des 12 premiers présidents américains, jusqu'à Zachary Taylor en 1850, étaient tous esclavagistes. Et sans surprise, les deux qui étaient abolitionnistes étaient père et fils : John Adams, second président, et son fils John Quincy Adams, sixième président. Et sans surprise John Adams et Thomas Jefferson étaient adversaires, et Jefferson a tout fait pour le détruire politiquement. Le hasard a fait que ces 2e et 3e présidents des États-Unis soient morts le même jour, et pas n'importe lequel : le 4 juillet 1826, jour de leur fête nationale, commémorant cette année-là le cinquentenaire de la Déclaration d'Indépendance, dont ils étaient co-auteurs. Selon Claude Fohlen, historien français de l'Amérique du Nord, peu de temps avant de mourir, John Admas aurait demandé "Thomas Jefferson vit-il toujours ?". Jefferson était mort quelques heures avant lui.
Malgré l'abolition de l'esclavage, le droit à la nationalité américaine des Afro-américains et le droit de vote accordé à tout citoyen américain (à l'exclusion des vrais citoyens américains qu'étaient les Amérindiens), de par les 13e, 14e et 15e amendements, la ségrégation continua dans les états du sud et quelques villes du nord, qui faisaient appliquer les lois Jim Crow. Ces lois stipulaient que OK, Noirs et Blancs étaient maintenant égaux, mais DIFFÉRENTS, et qu'ils ne pouvaient donc pas se mélanger. Cela créa une ségrégation digne du brutal apartheid sud-africain. Ségrégation, donc séparation scolaire, dans les restaurants, les théâtres, les transports ... et tout cela jusque dans les années 1960, soit un siècle après l'abolition de l'esclavage. Grâce à des personnalités comme Rosa Park, restée dans les mémoires pour refuser de s'asseoir au fond du bus, grâce à des leaders d'opinion qui y ont laissé leur peau, comme bien évidemment Martin Luther King, le pacifiste, et Malcom X, le partisan de la lutte armée. Grâce aussi, il faut le reconnaître, à de nombreux blancs qui les ont soutenus, principalement des jeunes et des artistes - des gens évolués, quoi.
Des sportifs aussi. Tout le monde de ma génération se souvient des Jeux Olympiques de Mexico, (année terrible qui voit les asasinats de Martin Luther King et de Robert Kennedy. Malcom X lui, avait déjà été asassiné en 1965). Au moment du podium du 200 mètres, et pendant l'hymne américain, Tommie Smith et John Carlos, respectivement 1er et 3eme, brandissent un bras ganté de noir, en signe de soutien au mouvement pour les Droits Civiques. S'ils brandissent chacun un poing différent, c'est qu'ils n'avaient qu'une paire de gants à se partager. Ils sont toujours bien vivants aujourd'hui. Ils ont 82 et 81 ans. Avec la victoire de la défense des droits civiques, ils ont d'ailleurs été tous deux intronisés au Temple de la renommée de l'athlétisme des États-Unis en 1978. Maintenant parlons du troisième homme de cette photo. Il en vaut la peine. Il a donc terminé second. Il est australien et se nomme Peter Norman. Si on observe bien la photo, il est solidaire de l'action des deux Américains. Il porte, comme eux sur sa poitrine, le badge de de l'Olympic Project for Human Rights contre la ségrégation raciale. Peu de gens regardant la télévision s'en sont aperçu ce jour là. On ne regardait que les poings levés de Smith et Carlos. Mais cela n'a pas échappé aux officiels ni à l'association australienne d'athlétisme. Dès ce moment, il s'est fait ostraciser. Malgré de bons résultats, il n'a pas été sélectionné pour les jeux de 1972 à Munich. Sa carrière a été brisée. Il n'a même pas été invité aux jeux de Sydney de 2000. À San José, une sculpture a été érigée pour commémorer ce podium. Mais la seconde place est vide. Elle est laissée libre pour que les passants puisse prendre des photos des deux Américains. Peter Norman lui, n'a pas eu la chance d'atteindre les 80 ans. Il est décédé en octobre 2006 à Melbourne, à 64 ans. Ignoble injustice. Une statue à finalement été érigée en son honneur en 2019 dans le stade de Melbourne. - Dans tout ce contexte racial, on ne peut pas passer sous silence le Ku Klux Klan. C'est une organisation terroriste, classée comme telle aux États-Unis. C'est la plus affreuse organisation de ce pays et, à mon sens, une des plus grandes organistations terroristes que le monde ait connu, tous pays confondu. En violence, elle a, je le pense, été aussi cruelle que ISIS ("l'État islamique"), en tous cas si vous comptiez parmi ceux qu'ils pourchassaient. On peut considérer qu'il n'y a pas eu un, mes trois Ku Klux Klans, à trois époques différentes. Le Klan est mort trois fois, mais par deux fois, il est réssuscité des cendres du précédent. La constante entre ces trois Klans, c'est le racisme exacerbé. Principalement envers les Noirs, bien évidemment, mais pas que ...
Le premier Klan est né à la veille de Noël 1865, juste après la guerre civile, (que nous appelons, nous, guerre de sécession) entre l'Union, composée de 19 états du nord et de la Californie et l'Orégon, déjà reconnus comme états, d'une part, et la Confédération, regroupant 11 états esclavagistes du sud.
Le Kentucky est réclamé par la Confédération. Celui-ci est esclavagiste, mais il ne possède que très peu de champs de cotons. Il se déclarera neutre. Le gouvernement du Missouri est resté fidèle à l'union, mais certains propriétaires y étaient en faveur de la Confédération. Quant au futur Oklahoma, c'était encore un territoire indien
Suite à la défaite, le sud est dévasté et ruiné. Un groupe d'amis, tous d'anciens jeunes officiers de l'armée confédérée, se retrouvent pour la veillée de Noël. Pour passer le temps, ils ont l'idée de créer un club. Ils l'appellent le Cercle. Mais pour faire plus exotique, ils utilisent la traduction grecque, Kuklos. L'un d'eux, peut-être d'origine écossaise, propose que ce soit aussi un Clan. Mais pour accompagner harmonieusement Kuklos, ils l'écrivent Klan. Leur club sera le Kuklos Klan ... De fil en aiguille, après quelques modifications, ils transforment ça en Ku Klux Klan. Mais que va faire ce club ? Oh ben, il y a tous ces bougnoules qui maintenant sont des hommes libres. Quelle connerie ! Ces gens sont plus proche du singe que de l'homme. Ils sont très bêtes. L'esclavage leur convenait parfaitement. Et l'esclavage est d'ailleurs le meilleur système économique qu'on puisse imaginer. Regardez comme, avant que ces Yankees viennent se mêler de nos affaires, nos affaires étaient florissantes (pour ces sales cons de colons du sud, les Noirs étaient juste un outil de production, au même titre que le boeuf ou le cheval de trait). Notre mision consistera à aller leur faire peur. On va se déguiser, pour qu'ils croient qu'on est des esprits. On va bien se marrer (un détail qui a son importance pour la suite, ces déguisements étaient variés, se voulaient être drôles et n'avait rien à voir avec les futurs accoutrements, beaucoup plus réglementés, des deuxièmes et troisième Klans). Mais très vite, ils font école. Le "club" est rejoint par de plus en plus de monde. Et ça commence à déraper sérieusement. Au début, bon, c'était méchant, mais ça restait assez potache. Là, ça tourne aux bastonnades et aux lynchages. Surtout que ces mecs du sud ne digèrent déjà pas que le 13e amendement ait supprimé l'esclavage, mais voilà que le Congrès des Yankees y ajoutent coup sur coup le 14e amendement duquel il résulte que tous ces anciens esclaves deviennent maintenant citoyens américains. Puis le 15e, qui leur donne le droit de vote. Tout cela en moins de 4 ans de temps ! Non mais quoi ? Devenus citoyens, ils vont refuser de travailler. Et en plus, ils vont pouvoir décider de tout ? (C'est toujours ainsi que réagissent les racistes, non ?). Trop, c'est trop ! Il faut dare-dare casser du bougnoule ! C'est la folie, c'est le carnage. En d'autres lieux, on appelle ça des pogroms. Ulysses Grant qui dirigeait l'armée de l'Union, est maintenant le président des États-Unis depuis le 4 mars 1869. Il envoie ses troupes dans le sud pour mater ce Ku Klux Klan et le faire interdire. Mais c'était déjà trop tard. Le Klan avait déjà gagné en imposant les "lois Jim Crow" dans les états du Sud. Ces lois introduisaient la ségrégation dans les services publics (établissements scolaires, hôpitaux, transports, justice, cimetière, etc.), les lieux de rassemblement (restaurants, cafés, théâtre, salle de concert, salles d'attente, stades, toilettes…) et restreignaient les interactions sociales entre Blancs et gens de couleur au strict minimum, cela au nom du principe « séparés mais égaux ». Leurs objectifs principaux sont clairs : maintenir la supériorité blanche et empêcher les Noirs d’accéder à une véritable égalité. En outre, via des citères de taxes et d'éducation, ils sont arrivés à ce que pratiquement aucun Noir n'aie le droit de vote. Alors, qui faisaient appliquer ces lois ? Les nouveaux gouverneurs des états du sud, qui étaient en majorité des Démocrates. Les Démocrates, bien davantage que les Républicains étaient ségrégationnistes. Il faut se rendre compte qu'à cette époque, le parti démocrate était le parti réactionnaire, et les républicains les progressistes. Comble de méchanceté, qui était Jim Crow ? C'était un personnage créé par le chansonnier et dramaturge Thomas Rice, qui se déguisait en se peignant le visage et les mains pour se transformer en "petit nègre" qui, dans ses chansons vilipendait le pouvoir en place, l'élite, pour défendre la cause des citoyens pauvres du sud. Donc il passait par la plus sordide des pantomimes racistes pour attaquer l'élite. Tiens, cette combinaison de racisme et de méfiance des élites ("l'establishment"), ça ne vous rappelle rien de récent ? Les rednecks du monde MAGA ... Similaire. En attendant, le nom de Jim Crow est resté pour désigner le Noir américain, dans ce qu'il devait fatalement avoir de grotesque. Et les lois Jim Crow ont perduré jusqu'en 1964 et la lutte pour les Droits Civiques des Afro-américains.
On n'entend plus trop parler de ce Ku Klux Klan jusqu'au début du XXe siècle. Mais en 1915, dans les toutes premières années du cinéma encore balbutiant, va sortir un film, Birth of a Nation (Naissance d'une nation), un long métrage muet mais bouuré de cartons explicites, réalisé par David Griffith. Le film est directement inspiré du livre de 1905, The Clansman, an historical romance of the Ku Klux Klan, de Thomas Dixon. C'est la toute première fois qu'on voit long métrage avec une vraie structure narrative, et accompagné d'une bonne musique. C'est un immense succès aux États-Unis. Environ 30 millions d'Américains vont le voir. Pour beaucoup, c'est la toute première fois qu'ils voient un film. Le film raconte l'histoire du Ku Klux Klan des origines, vue par Thomas Dixon, un pasteur baptiste de Caroline du Sud, qui est né pendant la guerre civile, et qui a connu le premier Klan étant enfant, que ces parents approuvaient, étant anti-abolitionnistes. Le livre et le film sont donc des ouvrages totalement révisionnistes du la guerre civile et du premier Klan. Celui-ci apparaît comme une armée de sauveurs, vétus de façon uniforme de robes blanches et de capuches pointues, venant au secours des femmes blanches victimes du déchainement de hordes de sauvages noirs, venus pour les massacrer et les violer. Une version totalement romantique, entièrement revue, totalement fausse, du premier Klan, mais qui marque les esprits, encore nostalgiques d'un passé déjà lointain, où l'Amérique, surtout le Sud était prospère grâce à l'esclavagisme.
Le film attire l'attention de de William Simmons, un pasteur méthodiste (encore un ! C'est fou ce qu'on retrouve comme membre des courants religieux évangélistes parmi les Blancs américains qui propagent les discours racistes et qui revendiquent que le seul vrai Américain, c'est le WASP, le White Anglo-Saxon-Protestant). Simmons y voit une opportunité de relancer le "Club KKK" autour d'idées similaires au passé. Il initie le second Ku Klux Klan sur la Stone Mountain, une colline située à la sortie d'Atlanta, en compagnie de seulement 16 personnes. Mais le Klan ayant été interdit, il le rebaptise L'Empire invisible des Knights (Chevaliers) of the Ku Klux Klan. Mais Simmons, plus souvent saoul que lucide, ne se voit pas les épaules assez solides pour aller beaucoup plus loin. Il engage deux publiscitaires, un homme et une femme, qui voient dans le film et ses symboles, l'opportunité de créer un mouvement nettement plus organisé que le premier Klan. Tous ce Ku Klux Klan né en 1915 tire sa symbolique et ses rituels du film, et donc du livre. En particulier la croix enflammée, la robe et la cagoule pointue. Leur propagande bien organisée va très vite conduire à l'adhésion de milliers de membres. Mais Simmons sombre de plus en plus dans l'alcoolisme, et dès 1922, il est remplacé par le dentiste Hiram Evans. Le Klan est devenu une structure hiérarchique, avec à sa tête le Grand Socricier impérial, chef du Klan pour l'ensemble du pays. C'est bien évidemment une entreprise raciste, xénophobe, terroriste, mais ausi une énorme entreprise commerciale. Le but est de se faire craindre, se faire voir et se faire respecter. Les temps ont changés dans les années 20. Ce ne sont plus que les Noirs qui pausent problème, mais tous les nouveaux immigrants qui arrivent en masse. En particulier les Italiens et les Juifs. Ils sont perçus comme des envahisseurs pratiquant d'autres religions et le KKK instille dans la population la peur du Grand remplacement par d'autres religions qui pourraient supplanter le protestantisme des WASP. Le Klan de Evans pratique l'assassinat à grande échelle. Les Italiens, bien que chrétiens sont des catholiques, de papistes, et au cours de leur messe on boit du vin. Ce sont des bandes d'ivrognes. Les Évangéliques joueront un rôle déterminant dans l'instauration de la prohibition, croyant ainsi, naïvement, nuire aux catholiques. Il faut aussi se faire voir au maximum, pour créer dans l'opinion publique l'idée d'une milice purificatrice, défendant les intérêts des bons Américains contre les faiblesses et les abus des dirigeants du pays. Il organise une marche à Washington de 40.000 KKK, tous en robes, mais visage découvert. C'est impressionnant. Ils défilent devant la Maison Blanche et montent jusqu'au Capitole. Le second Klan est devenu une entité polique incontournable, et Evans fait la couverture du Times. À son apogée, le KKK compte jusqu'à 4 millions d'adhérents sur une population d'un peu plus de 100 millions d'habitants à l'époque. Nous l'avons dit, c'est une structure pyramidale, et tout adhérent doit payer une cotisation, dont une partie remonte aux étages supérieurs, jusqu'au Grand sorcier Hiram Evans, qui est alors une des personnes les plus riches du pays.
Puis petit à petit, dans les années 30, les scandales commencent à apparaître au grand jour. D'abord le meurtre sordide par le Grand Dragon de l'Indiana (un Grand Dragon est le chef au niveau d'un état), de sa compagne lardée de coups de couteaux. Les lynchages, les incendies, le crime généralisé deviennent de plus en plus connus et les procès se multiplient. Bien qu'Evans ne soit guère inquiété. Mais avec la crise économique des années 30, l'approche de la guerre en Europe, le New Deal de Franklin Roosevelt (bien sûr critiqué par le Klan), le second KKK finit par s'éteindre ne 1939. En 1946, il sera officillement interdit en tant qu'entité terrorriste.
Enfin, les activités du KKK reprennent pour le troisième fois en 1964, dans le cadre du début des mouvements pour les Droits Civiques et des contacts à ce sujet entre Martin Luther King et Lyndon Johnson, alors président des États-Unis depuis l'assassinat de Kennedy. Johnson, bien que Texan était bien connu pour être anti-ségrégationniste, bien plus actif à cet égard que le fut Kennedy. Il abolit les lois Jim Crow. Les enfants noirs, notamment, ont dès lors le droit de fréquenter le mêmes écoles que les enfants blancs. La haine des suprémacistes blancs du sud se réveille. Les assassinats reprennent, celui d'un fermier anti-ségrégationniste dont la maison est incendiée, quatre petites filles tuées par bombe alors qu'elles répétaient pour une chorale, trois jeunes militants anti-ségrégationnistes assassinés avec la complicité de la police locale. Ce dernier crime fait l'objet du film d'Alan Parker Missisippi Burning en 1988. Dans un premier temps, Lyndon Johnson fait renforcer la présence du FBI dans le sud, notamment en Alabama et dans le Misissippi. Des arrestations ont lieu et des procès, mais les principaux responsables en sortent acquittés ou avec des peines légères. Le Sud est en faveur du KKK. Même au plus haut niveau politique, puisque de gouverneur de l'Alabama, le très infâme George Wallace s'oppose à l'abolition des lois Jim Crow, et déclare, dans un discours resté célèbre, qu'il ne reconnait qu'une chose, c'est le ségrégationnisme. Il faudra attendre l'entrée en fonction, à à peine 30 ans, de Bill Baxley comme procureur général de l'Alabama. Malgré les menaces de mort dont il fait l'objet, il est bien décidé de faire juger tous les coupables, tous membres du KKK. Un a un, les principaux responsables tombent. Cela durera jusque dans les années 1980, puisqu'il fait condamner Robert Shelton, alors Grand Sorcier du Klan à verser à la mère d'un enfant lynché par le Klan en 1981, la somme de 7 millions de dollars. Le KKK ne dispose pas de la somme et doit vendre la plupart de ses actifs, notamment des immeubles. Bill Baxter a réussi à ruiner le Klan, et celui-ci disparait comme entité importante. Aujourd'hui, par çi, par là, certains se réclament encore du Klan, mais de façon très sporadique, par contre l'héritage du KKK demeure, au travers de multiples organisations d'extrême-droite, suprémacistes blancs et néo-nazis. Les émeutes de Charlottesville en 2017 et l'assaut du Capitole en jannvier 2021, dans ce que je persiste à penser être une tentative de coup d'état de Trump, en témoignent.
Tous ces éléments sur l'histoire des trois Ku Klux Klan sont très bien décrits dans la série documentaire "Ku Klux Klan, une histoire américaine" du documentariste David Korn-Brzoza, qu'on peut se procurer dans la boutique d'Arte au prix de 9,99 €.
Ils sont également très bien décrits dans le documentaire "The Ku Klu Klan, from the civil war to Charlottesville" repris ci-dessous qui offre aussi l'avantage de montrer le passage du KKK au monde MAGA de Trump. Ce documentaire a toutefois été réalisé en 2022 après le premier mandat de Trump. Aujourd'hui, au cours de la seconde année de son second mandat, les choses sont très différentes. Trump a appris, il est revenchard et dangereux. De plus, ce marchand de briques semble agir politiquement uniquement pour s'enrichir, lui et sa famille. Sa base MAGA semble se détourner de plus en plus de lui, mais il n'en a cure. Ces ploucs ne l'intéressent plus. Aujourd'hui, il s'est tourné vers les milliardaires de la tech qu'il a mis dans sa poche, et il contrôle le Pentagone, donc l'armée, en ayant mis un des pires néo-nazis d'Amérique à sa tête. Il contrôle le commerce, il contrôle la Cour Suprême, et la plupart des institutions qui pourraient lui mettre des batons dans les roues, comme la CDC, par l'intermédiaire de ce connard de Bob Kennedy Jr, anti-vax et vil opportuniste. Et il contrôle la plupart des agences gouvernementales en matière d'envirronnement. Il se fout de la Constitution, du Congrès et de la séparation des pouvoirs. Néanmoins, on peut être sûr qu'il fera le maximum pour enrayer les élections de mi-mandat qui risquent de lui faire perdre de contrôle de la Chambre et peut-être du Sénat. Déjà aussi, on le voit mener une politique expansionniste digne des pires heures de Richard Nixon et d'Henry Kissinger. Lui et ses sbires soutiennent ouvertement les partis d'extrême-droite européens. Que les Américains se préparent, un coup d'état en 2028 est vraiment de l'ordre du possible.
- Maintenant, abordons un chapitre, qui, à mes yeux est de première importance, car il a conditionné tout le reste. Je l'ai dit d'entrée de jeu, j'ai une aversion profonde pour le colonialisme, autant que pour le racisme. Le premier entrainant très souvent le second. DE QUEL DROIT CES COLONS BRITANNIQUES ÉTAIENT ÉTABLIS SUR DES TERRES QUI NE LEUR APPARTENAIENT ABSOLUMENT PAS !
Je pense qu'il est inutile de rappeler la découverte accidentale du continent américain par le navigateur génois Cristoffa Combo. Si cela n'avait pas été lui, ç'aurait été un autre, probblement à un moment très rapproché. Car l'évolution de la marine à voile intercontinentale lançaient des explorateurs à travers le monde pour le compte des puissants : les Espagnols, les Portugais, les Néerlandais, les Anglais et les Français.
Tout ne devenait pas colonie pour autant. Surtout dans les contrées très éloignées. Les Portugais ont longtemps fait commerce avec les Molluques, un des très rares endroits où on trouvait des clous de girofle, sans en annexer le territoire. Magellen, pour le compte de l'Espagne, à qui le Traité de Tortesillas de 1494 avait accodé l'exploration de la moitié occidentale du globe s'y est d'ailleurs laissé avoir. Après un long périple qui le fait contourner l'Amérique par le sud et traverser pour la première fois l'Océan Pacifique (qu'il nommera ainsi car il y trouve une mer d'huile après la tempétueuse traversée du détroit qui porte son nom), il arrivera aussi aux Molluques pour s'apercevoir qu'il a franchi le méridien fatidique et se trouve en eaux d'explorations portugaises. Il n'empêche que, si loin que cela soit, les Néelandais avec leur brillante compagnie des Indes, feront des îles indonésiennes leur principal empire colonial, avec le sud de l'Afrique, une des Guyanes et quelques îles des Açores. Quant aux Français leur vaste colonie d'Amérique du Nord fera long feu. Il faut reconnaître qu'ils y ont été plus inspirés par l'esprit d'exploration, d'échange et de commerce que par une réelle volonté de se considérer en pays conquis. Ces explorations françaises, on les doit surtout à Jacques Cartier qui découvrit l'embouchure du Saint-Laurent et le remonta jusqu'aux Grands Lacs, puis à René-Robert Cavelier de la Salle qui découvrit notamment les chutes du Niagara, puis le Mississipi qu'il descendit jusqu'à son embouchure dans le golfe du Mexique. Il dédiera les terres qu'il aexplorée à son roi, Louis XIV, en les nommant du nom de "Louisiane". Ce à quoi, Louis XiV que « fort inutile et qu’il faut dans la suite empêcher de pareilles découvertes ». La Salle, très peu soutenu par la France, finira d'alleurs assassiné dans des conditions jamais clirement élucidées. Mais il avait mis à la disposition de la France un territoire de 8 millions de km2, soit un tiers de la superficie de l'Amérique du Nord. Les Français ne coloniseraont jamais réellement cet énorme territoire. Ils y seront toujours très peu nombreux, auront dans la majorité des cas des relations cordiales avec les Amérindiens avec lesquels ils comerçaient. Ils y faisaient principalement le commerce de fourrures, ce qui était dans l'intérêt des deux parties, mais jamais extrêmement rentable. Pour financer sa conquête sanglante de l'Europe, Bonaparte a d'ailleurs fini, en 1803, par revendre ce vaste territoire pour une croûte de pain (3 cents d'Euro, l'hectare) aux colons britanniques, qui avaient commencé leur conquête et leur massacre des Amérindiens, ceux qui étaient les véritables habitants de ces terres, depuis 20000 ans, et qui eux ne les avaient volées à personnes, puisqu'avant eux, l'homme n'y avait jamais mis les pieds. Tu vois Zemmour, tu vois Hegseth, ça c'était le VRAI GRAND REMPLACEMENT. Allez vous rhabiller !
Donc, dès avant la déclaration d'indépendance, Jefferson, l'esclavagiste maître absolu de 600 âmes avait déjà déclaré que de ces sauvages indiens, il n'y avait rien à tirer de bon, car ils étaient tous des sauvages sanguinaires juste bons à exterminer. Mais pas à réduire en esclavage, puisque le traité de Valladolid avait décréte, après moultes discussions entre écclésiastiques que les indiens avaient un âmes, et qu'on ne pouvait donc pas les réduire en esclavage. C'est d'aileurs à partir de ce traité qu'on se tourna vers la traite des Africains, qui eux, impossible, de par leur couleur satanique, ne pouvaient à coup sûr pas posséder d'âme. C'est comme cela que ça marchait chez les gens épris d'un bon esprit chrétien. Toujours la main tendue qu'ils sont les chrétiens, mais pour qu'on y dépose des sous.
Donc, à partir de la défaite française à le guerre de sept ans, la rive gauche du Mississippi est passée aaux Anglais. Le Kentucky appartenait déjà aux sept colonies. C'était en fait une extension de la Virginie à l'époque. Mais donc, comme les colons "patriotes" avaient promis aux gueux qui acceptaient de les suivre qu'ils recevraient des terres, ils ont pu aller s'installer de l'autre côté des Appalaches, au mépris, bien entendu, des Cherokees et des Creeks au sud et des Iroquois au nord. Ces "patriotes" avaient décrété que tout ce qui se trouvait devant eux était désormais La Patrie. God Bless America !
D'ailleurs, il fallait faire place nette. Il fallait étendre notre Lebensraum ! D'abord, ces Espagnols nous emmerdent. Ils occupent un vaste territoire que nous voulons pour nous. Nous n'avons rien à foutre ici ? D'accord. Mais eux non plus. Allez zou, foutez le camp de Floride, du Texas, des Territoires du Nouveau Mexique, et SURTOUT de la Californie. Il court le bruit qu'on y trouve de l'or. Quoi ? Bien sûr que ça nous intéresse. Et vous envoie la cavalerie dans les gencives. Et aussi Zorro tient, tant qu'on y est. Allez, on a la Floride, le Texas, et la Californie. La Californie, ça a été un peu plus difficile, car il fallait y aller par des chemins tortueux, en chariot, à partir d'Omaha ou d'Indpendence, sur le Missouri. Et puis, il y avait ces saloperies de méchants indiens qui nous faisaient des ennuis, car ils n'aimaient pas qu'on passe sur leurs terres et les occupent. Mais on avait des appuis, la cavalerie des colonisateurs faisait des carnages. Et puis déjà quand même on avait pu profiter d'un avantage non négligeable, comme d'ailleurs les Espagnols et les Portugais du Mexique jusqu'en Terre de Feu. Ces cons d'Indiens ne connaissaient ni la variole, ni la grippe, ni le choléra, ni le thyphus. On le leur fit bien voir ! Depuis déjà la première fois que Tonton Cristobald a débarqué sur Cuba et puis sur Hispaniola, lui et ses mousaillons, qui avaient vachement la trique après autant de semaines en mer, se sont disons "mélangés" à la population. Surtout aux femmes, qu'ils ont du un peu forcer. Mais c'est de bonne guerre, non. La variole et autres joyeusetés ont exterminé en moins de deux siècles 90% de la population amérindiennes qui vivaient là depuis 20.000 ans et qui y avaient construit des civilisation évoluées comme les Incas, les Mayas et les Aztèques. Pas étonnant qu'en moins de 40 ans après Cristobaldo, Cortès d'un côté et Pizarro de l'autre, aient anéanti les Empires Aztèque pour l'un et Inca pour l'autre, pillant toutes leurs richesses au passage. Ils étaient tous malades !
Bon, il faut reconnaitre qu'en échange, les viols des femmes amérindiennes leur ont quand même flanqué la chtouille. La syphilis a été observée pour la première fois sur un navire de Colomb en rade de Barcelone en 1493, puis s'est rapidement répandue en Europe via Naples, alors territoire espagnol. Elle a aussi fait des ravages surtout au XVIIIe et XIXe siècles, avant qu'on ne commence à parvenir à la soigner au début du XXe siècle, comme ce fut le cas pour la danoise Karen Blixen.
Mais bon, pour les amérindiens, ce fut une autre paire de manches, si bien qu'on se demande aujourd'hui si c'est la peste du XIVe siècle ou la variole du XVIe siècle, chez les Amérindiens qui a été l'épidémie le plus meutrière de mémoire d'homme.
Bien, toujours est-il que dans un premier temps, ils ont envahis les terres indiennes situées au delà des Appalaches, et ont créé les états de l'Ohio, du Kentucky, du Tennessee, de l'Indiana, du Michigan, du Wisconsin, de l'Illinois, de l'Alabama, du Mississippi. Le 22 février 1819, un accord diplomatique, le Traité d’Adams-Onís officialise le transfert de la Floride de l’Espagne aux États-Unis. Cet événement méconnu marque un tournant dans l’histoire hispano-américaine, révélant les tensions coloniales et les stratégies géopolitiques du XIXᵉ siècle. En pleine guerre entre les colons espagnols et les colons américano-britanniques, l'Espagne accepte de céder la Floride. C'était un territoire peu peuplé et surtout contrôlé par les Indiens séminoles. Ceux-ci étaient en opposition ouverte avec les deux parties. Normal : ils étaient les seuls à être vraiment chez eux. De plus, voisins de la Géorgie, ils recueillaient les esclaves qui s'échappaient des colonies du sud et les traitaient comme leurs frères. La colonisation avançait, à grand renfort de cavalerie, de masacres et d'appropriation des terres indiennes, avec en plus des colons comme Benjamin Franklin et George Washington, qui s'enrichissaient comme promotteurs fonciers. Et dès 1820, ils étaient déjà du nord au sud arrivés aux rives du Mississippi. Évidemment, ces vandales, dans leur soif de conquête et de profit ont bousillé tout ce qui sert de moyen de subsistance aux Amérindiens, en particulier les bisons, dont les autochtones ne retirent pas uniquement la viande, mais aussi les peaux, qui leurs sert à la fabrication de leurs vêtements, de leurs mocassins, de leurs couvertures, de leurs abris, et même dont les os sont utilisés pour les outils, les armes, et jusqu'aux épingles pour nouer leurs vêtements. Ces colons WASP n'avaient aucun scrupule. Ils n'en ont pas d'avantage aujourd'hui.
Et quid de la Floride ? Les Séminoles étaient en réalité un ensemble de tribus, la plupart fuyant l'avance des colons "patriotes" blancs des colonies américaines du sud. Notamment les Creeks. On l'a mentionné, il y avait de nombreux esclaves en fuite parmi eux. Par ailleurs, la Floride occidentale qui bordait au nord, le golfe du Mexique était un enjeu stratégique, car cette terre reliait le sud de la Géorgie à la Nouvelle-Orléans, contrôlée par les Espagnols, qui contrôlaient dès lors l'embouchure du Mississippi, bien que tout le reste du Mississippi et toute la Louisiane soit maintenant dans les mains des colons "patriotes" depuis qu'ils l'avaient achetée à vil prix à Bonaparte en 1803. Dans le sud les colons "patriotes" n'avaient donc pas d'accès à la mer. Les attaques des Séminoles dans ces territoires leur donnait du fil à retordre. C'est alors que l'infâme général Andrew Jackson, futur 7e président des États-uniens autoproclamés, envahit la Floride avec une armée de 4000 hommes sur son passage et massacre Indiens et Noirs. Le traité de Adams-Onis est signé ensuite en 1819, attribuant la Floride aux États-uniens, en échange du tracé (euh ... soi-disant définitif) d'une frontière laissant les territoires du Texas, du Nouveau-Mexique et de la Californie aux colons espagnols du Mexique. Andrew Jackson fut honoré par les colonisateurs états-uniens pour cet odieux fait d'armes. James Monroe était alors le 5e président. Celui-là même de la doctrine Monroe interdisant aux Européens d'intervenir dans les affaires de ces colons WASP voleurs de terres amérindiennes, et déclarant leur neutralité en politique étrangères (ce qui aura un impact jusqu'au moment des deux guerres mondiales). John Quincy Admas lui succéda (le fils de John Adams). Il ne fit qu'un seul mandat de 4 ans, car la popularité d'Andrew Jackson était telle auprès des petites gens, les nouveaux petits propriétaires terriens de l'expansion vers l'ouest, qu'il flattait par une approche populiste anti-système (on retrouve un peu Trump, non ?) que John Quincy Adams fut balayé aux éléctions de 1829. Le paysage avait bien changé à l'ouest des Appalaches. Au lieu des vastes étendues dans lesquelles on pouvait se déplacer librement, le territoire était de plus en plus clotûré. Les petits colons, venus d'un peu partout se voyaient octroyer des terres amérindiennes par les promotteurs fonciers, terres dont ils recevaient un titre de propriété. C'était évidemment du pillage pur et dur. Ces petits colons savaient que l'attribution de laurs terres étaient directement liées à l'argent généré par les gros propriétaires terriens, qui eux aussi se déplaçaient de plus en plus vers l'ouest, notamment le Tennessee, dont Jackson lui aussi esclavagiste, avait d'ailleurs été le sénateur. Les petits colons du sud, bien que ne détenant pas d'esclaves, étaient donc aussi partisans de l'esclavage. Mais fatalement, cette politique de peuplement finissait par limiter leur Lebensraum (leur espace vital). Ne vous en faites pas bonnes gens, votre bon président, le plus grand, le plus merveilleux que les pilleurs "patriotes" aient connus (enfin, avant que Trump n'arrive !) est là pour vous apporter la solution. Jackson décide, dès 1830, de déporter tous les Amérindiens des états de la côte est au-delà du Mississppi. Enfin, ça a été voté par le congrès et entériné par Jackson. Cette loi porte le joli nom de Indian Removal Act (vous ne trouvez pas que ça sonne un peu comme Solution finale ?). C'est le plus odieux des crimes contre l'humanité perpétré durant cette colonisation de peuplement, qui s'est accompagnée du génocide des Amérindiens. Cette loi vise principalement les Cherokees, les Creeks, les Chickasaws, les Choctaws, et les Séminoles communément appelées les « 5 tribus civilisées » du fait de leur volonté d’intégration. Les Choctaws sont déplacés en 1831, les Creeks en 1836, les Chikasaws en 1837. Le déplacement de 20.000 Cherokees, en 1838, se fait dans des conditions épouvantables. Près de 4.000 trouvent la mort le long du parcours, baptisé « piste des larmes » du fait de l’indignation provoquée dans une partie (mais une partie seulement) de l’opinion américaine. La résistance des Séminoles, en Floride, permet à certains d’entre eux d’éviter l’expulsion. Les Amérindiens expulsés devront tous s'établir dans un territoire à l'ouest du Mississippi, près de la frontière mexicaine (du moins celle décidée à l'époque dans le traité Adams-Onis, territoire qui correspond aujourd'hui à l'Oklahoma.
Grâce aux énormes revenus tirés des cultures, principalement le coton, grâce à la main d'oeuvre gratuite fournie par l'esclavage, grâce au développement de la marine marchande new-yorkaise, et aussi à l'or qui commence à arriver de Californie, les intrus "patriotes" peuvent très facilement développer leur industrie dans les villes du nord, New-York, Boston, Philadelphie, Chicago. Et surtout le chemin de fer. Invention de leur mère patrie, la Grande-Bretagne, en 1811 et dont la première ligne commerciale d'Europe a été ouverte en Belgique entre Bruxelles et Malines (le roi Léopold Ier était l'oncle de la reine Victoria). Trois lignes transcontinentales vont se construire : l'Union Pacific, de Chicago à San Francisco, la Northern Pacific (Chicago-Seattle) et la Southern Pacific (Nouvelle-Orléans - Los Angeles).
Dans ce contexte, les distances augmentant rapidement, une invention allait aussi s'avérer capitale. Celle du téléphone par le Florentin Antonio Meucci. Oui, oui : c'est bien lui l'inventeur. Et pas Alexander Graham Bell. Le Congrès américain finira par le reconnaître, mais bien plus tard, en 2002 seulement. Conscient de l'intérêt de son invention, Meucci, qui a créé le premier prototype du téléphone en 1850 part s'installer à New York où il fonde une société et améliore le procédé. Il dépose un brevet en 1871, mais les brevets coutant cher, il ne prend qu'un brevet provisoire, renouvelable, mais qu'il ne renouvelera pas. En 1874, il contacte Graham Bell à la Western Union, la société qui à en charge les transmissions télégraphiques, en étant persuadé que son invention serait des plus utiles, le territoire s'étendant à grande vitesse, et les communications télégraphiques internationales se développant également. Mais il ne reçoit aucune réponse de Bell. Mais deux ans plus tard, en 1876, Bell dépose son brevet. Convaincu de s'être fait voler son invention, Meucci lui intente un procès. Le procès dure jusqu’en 1889, date à laquelle la mort de Meucci met fin aux procédures, sans que la paternité de l'invention du téléphone lui soit reconnue. Encore un coup dont les Americains sont friands. Aujourd'hui, ils ont plutôt pris l'habitude de racheter des petites start-up pour leur piquer les brevets, quitte à liquider ces petites entreprises immédiatement après.
Expansion vers l'Ouest
Mais pour en arriver là, il fallait avant tout renier le traité conclus avec l'Espagne. Les territoires de l'Ouest attribués à l'Espagne en 1819 par le trité d'Admas-Onis ne sont d'ailleurs plus considérés comme espagnols depuis 1821. Puisque les descendants des massacreurs des Aztèques et des Mayas font comme les colonisateurs britanniques avant eux : ils se déclarent indépendants et se font appeler "les Mexicains", nom que ces gens ont eu l'outrecuidance d'emprunter au nom aztèque Mexitli, l'endroit où fut construit la capitale aztèque de Tenochtitlan, et qui semble avoir signifié "la maison sous la Lune".
- Guerre ammericano-mexicaine.
Ces deux peuples colonisateurs vont se livrer une guerre entre 1846 et 1848, qui aura comme prémices la révolte de l'état mexicain du Texas en 1836, qui. se proclame république indépendante, laquelle, avec son accord, et après vote du Congrès américain est annexée aux États-Unis en 1845 et devient le 28e état américain. Le Mexique, après son indépendance, avait en effet accepté, voire incité des colons américains à venir s'installer sur les terres texanes et donc d'y obtenir un droit de propriété. Cet état du nord du Mexique était en effet très peu peuplé jusque là. Mais les colons hispaniques y étaient régulièrement la cible d'attaques des Comanches, un peuple amérindien chasseur-cueilleur jusqu'au début du XVIIIe siècle, qui se dénommaient eux-mêmes Numunuh (« le peuple »), et qui occupaient les grandes plaines du centre de l'Amérique du Nord. Devenus progressivement éleveurs nomades, leurs besoins en chevaux les font se diriger vers les territoires du Nouveau-Mexique (le nord du territoire espagnol, comprenant le Texas), là où ils vaient plus de chance de pouvoir en échanger avec les Appaches ou les Hispaniques par le commerce ou le pillage.
Les colons américains deviennent de plus en plus nombreux au Texas, jusqu'à y devenir majoritaire, y refuser (encore !) de payer leurs taxes aux Mexicains et y déclencher une révolution se terminant donc par le rattachement aux États-Unis en 1845. Le Texas, à ce moment ne représente qu'environ la moitié est du Texas d'aujourd'hui et ne descend pas jusqu'au Rio Grande, appelé Rio Bravo ou Rio del Norte par les Mexicains, mais seulement jusqu'au petit fleuve Rio Nueces, à environ 260 kms plus au nord. Les Américains tentèrent ensuite des négociations avec les Mexicains pour leur racheter le rets des territoires du Nouveau-Mexique. En vain. Pour tenter de forcer la main aux Mexicains, le président James Knox Polk, 11e président des États-Unis, élu en décembre 1844, envoya le général Zachary Taylor (futur 12e président), construire un fort sur les rives du Rio Grande, près de l'embouchure. Il l'appelle Fort Texas. Les États-Unis de Polk, Congrès inclus, prétendront toujours que selon eux le Texas s'étendait jusqu'au Rio Grande, ce qui était faux. Le 25 avril 1846, le capitaine Thornton est envoyé en patrouille, avec 63 dragons, le long du fleuve avec mission d'inspecter les endroits de passage possibles des Mexicains. Ils tombent sur une armée de 2000 Mexicains. Se font évidemment tirer dessus dans ce que Taylor déclarera mensongèrement être une embuscade et 11 dragons seront tués. Affirmant que les Mexicains ont franchi la frontière, Polk a obtenu la provocation qu'il cherchait et tient ce qu'il déclare être un casus belli (une cause de guerre).
James Knox Polk est un ancien gouverneur du Tennessee. Il est membre du Parti Démocrate, alors un des deux grands partis de l'époque avec le Parti Whig. Les Démocrates dominent principalement le sud et les Whigs, les zones industrielles du nord. Les Démocrates sont en faveur d'une extension aussi large que posible du territoire vers l'Ouest et sont majoritairement esclavagistes. Polk lui-même a été propriétaire d'esclaves jusqu'à la fin de sa vie et en occupait même jusque dans la Maison Blanche. Presbytérien, il croyait dur comme fer à la « destinée manifeste », une idéologie des White Anglo-Saxon Protestants selon laquelle la conquête de l'Ouest était une mission divine civilisatrice. Comme quoi, il n'a pas fallu attendre Trump pour avoir des fous-furieux à la Maison Blanche. Le déclenchement de la guerre contre les Mexicains entraient totalement dans cette idéologie. Les Whigs pour leur part, étaient beaucoup plus réservés et considéraient pour la plupart qu'après le rachat de la Louisiane à la France, le territoire des États-Unis était largement assez étendu. Abraham Lincoln, alors membre du Parti Whig (avant de rejoindre le nouveau Parti Républicain en 1854) et représentant de l'état de l'Illinois s'enquéra d'ailleurs de l'endroit où l'embuscade du bataillon de Thornton avait eu lieu. Il contesta les allégations de Polk, ainsi que ses tentatives de rachat des territoires du Nouveau-Mexique et de Californie. La question de l'esclavage devenait de plus en plus brulante. Les Whigs y étaient majoritairement opposés et craignaient que toute extension de nouveaux états du sud vers l'ouest, s'accompagne également d'une expansion de l'esclavage.
Comme le veut la Constitution, Polk sollicite donc du Congrès l'approbation de rentrer en guerre. Les Démocrates votent pour à une écrasante majorité. Et seuls 14 Whigs s'y opposent, dont Abraham Lincoln. La guerre est donc déclarée le 13 mai 1846. Je n'en discuterai pas des détails ici. On peut en trouver une abondante littérature. Pour ne citer que les faits essentiels, l'annonce de la déclaration de guerre parvient en Californie, déjà abondemment peuplée d'Américains qu'en juillet 1846. Néanmoins, les choses y évoluent très vite. Tout commence par la rébellion des Américains de la ville de Sonoma au nord de la Haute-Californie, qui reçoit les renforts de John Charles Frémont, un militaire explorateur qui était en partance pour l'Orégon. Le reste de la conquête est organisée par des officiers de marine. Tout d'abord John Drake Sloat qui s'empare de San Francisco puis par Robert Field Stockton qui termine la conquête et qui s'emparent de Los Angeles le 10 janvier 1847, conduisant à la capitulation de la Haute-Californie trois jours plus tard. Au sud du Rio Grande, deux armées américaines vont participer à la capitulation du Maexique. Celle de Zachary Taylor au nord, parti de Fort Texas, qui prend Monterrey (avec deux "r", à ne pas confondre avec Monterey en Californie) puis Buena Vista. Et au sud, le général Winfield Scott débarque à Veracruz le 9 mars 1847 et s'empare de Mexico City le 14 septembre 1847, se qui met fin à la guerre et donne lieu au raité de Guadalupe Hidalgo signé le 2 février 1848, par lequel le Mexique cède aux États-Unis les territoires qui deviendront le Texas, la Californie, l'Utah, le Nevada, le Colorado, le Wyoming, le Nouveau-Mexique, l'Arizona et le sud-ouest du Wyoming, soit la moitié de leur territoire, pour 15 millions de dollars de l'époque, soit environ 1 milliard de dollars d'aujourd'hui (2026). À ces nouveaux états, il faut ajouter le territoire de l'Orégon, aujourd'hui Orégon et Washington, achetés aux Britanniques, fixant ainsi la frontière avec le Canada, et terminant la conquête du territoire.
Du côté des colonisateurs anglo-saxons, la victoire contre le Mexique est globalement acclamée et renforce le sentiment d'unité nationale. Même dans le parti Whig, peu nombreux sont ceux qui réprouvent cette conquête. Abraham Lincoln est de ceux-là. On l'a dit, les Whigs du nord craignent une expansion de l'esclavage dans ces nouveaux territoires. Il y a quelques tentatives infructueuses d'interdire l'esclavage dans les nouveaux territoires de l'Ouest. Finalement il est décidé en 1850 de laisser la liberté à chaque nouvel état d'opter pour ou contre l'abolition de l'esclavage. Globalement, les nouveaux territoires resteront abolitionnistes, malgré des tentatives des états du Sud d'annexer le Nouveau-Mexique (qui sera plus tard scindé en Nouveau-Mexique et Arizona) lors de la guerre civile. C'est ainsi que les états confédérés resteront au nombre de onze, de la Virginie au Texas. Mais l'histoire de cette période montre que les tensions autour de l'esclavage dans les nouveaux territoires du sud ont attisé lavolonté du Sud de faire sécession. La guerre americano-mexicaine a été le prélude à la guerre civile de 1861-1865. le chef des armées nordistes, Ulysses Grant, devenu 18e président des États-Unis en 1869, l'exprima ainsi dans lses mémoires :
« La rébellion du Sud fut l'avatar de la guerre avec le Mexique. Nations et individus sont punis de leurs transgressions. Nous reçûmes notre châtiment sous la forme de la plus sanguinaire et coûteuse guerre des temps modernes. » - La conquête du territoire par les White Anglo-Saxon Protestants est maintenant complète de l'Atlantique au Pacifique, en ayant largement profité de l'esclavage et en s'étant rendu responsables du génocide des Amérindiens. Les Amérindiens ne pouvaient évidemment pas être heureux que ces colonisateurs sans scrupules leur volent leurs terres sur lesquelles vivent leurs ancêtres depuis plus de 20.000 ans, et exterminent leurs sources d'existence comme les bisons que ces ignobles tuent sans relâche pour nourrir les constructeurs des voies ferrées, et en plus, ne leur reconnaissent aucun droit, eux qui sont chez eux, et veulent les parquer dans des réserves, comme du bétail. Il y a bien évidemment eu des rébellions qui se sont organisée, malgré la disproportion des forces. C'était surtout au nord, les nations Sioux et au sud, les Appaches qui se sont affirmés le plus fermement. Les nations Sioux surtout se coaliseront, dans ce qui est aujourd'hui appelé le Montana. La rébellion des Sioux s'organise autour d'un vieux sage du nom de Sitting Bull, lors de l'approche des colonisateurs précédés par cette infâme cavalerie anglo-saxonne armée jusqu'aux dents et qui se croit tout permis (en fait, les Amerloques se sont toujours cru tout permis. Il suffit de voir comment ils ont torturé en Irak, poussant les anciens officiers de Saddam Hussein à créer ISIS). Crazy Horse est désigné à la tête d'une coalition de Sioux et de Cheyennes pour aller faire front au 7e de cavalerie dirigé par Custer, un mec qui s'est illustré dans la guerre civile. Crazy Horse leur tendra une embuscade bien ficelée, et ils extermineront Custer et ses spadassins près d'une rivière affluent le BigHorn (="mouflon"), et appelé de ce fait "Little Big Horn", les 25 et 26 juin 1876. Vine Deloria Jr, un métis, descendant d'un Français qui avait épousé une femme sioux a écrit à ce propos, en 1969, un manifeste qu'il a intitule "Custer Died For Your Sins" (Custer est mort pour expier tous vos péchés) que je reproduis intégralement ici.
Le 26 juin 1876 est ma fête américaine !
Malheureusement, cette victoire ne permit pas au peuple sioux d'arrêter l'envahisseur. Les méchants blancs anglo-saxons protestants se vengèrent dans ce qu'ils appellent aujourd'hui le Dakota du Sud, dans un endroit qu'ils appellent Wounded Knee. Ces monstres y ont exterminé 300 Sioux Lakotas, femmes et enfants, et leur chef Big Foot, le 29 décembre 1890, mettant ainsi un terme à la résistance indienne. La légende veut que le coeur de Crazy Horse est enterré à Wounded Knee. La nation Sioux était un grand peuple, des gens courageux. Mais cela n'a pas suffit pour bloquer les infâmes qui voulaient absolument conquérir tout le territoire Amérindien. Voici une histoire de la Nation Sioux.
Entretemps l'Alaska est ausi devenu américain en 1867, après son rachat à la Russie. La Rusie elle-même ne l'avait conquit qu'en 1741, suite à son exploration par le marin danois Vitus Bering au service de l'Empire russe. Le nom Alaska vient du mot Alaasikaq qui signifiait "Grande Terre" pour les habitants sibériens des îles aléoutiennes. Il ne deviendra toutefois le 49e État qu'en 1959. Quant à l'archipel d'Hawaï, devenu 50e État, également en 1959, nous en reparlerons en abordant les États-Unis au XXe siècle. - Les États-Unis au XXe siècle - L'Empire Américain
Politiquement, le vingtième siècle a commencé en 1898 pour les États-Unis. C'est l'année de la guerre hispano-américaine. L'Espagne, autrefois le plus grand empire colonial, a perdu pratiquement toutes ses colonies au XIXe siècle, surtout en Amérique latine, où elle régnait en maître depuis le XVIe siècle. Il ne lui reste pratiquement rien, si ce ne sont quelques îles dans les Açores et en Asie. Dans les Açores, il leur reste principalement Cuba, et en Asie, les Philippines. La principale ressource de Cuba est le sucre de canne qu'il exporte dans le monde entier, mais ses expportations principales vont vers les États-Unis. Les États-Unis, qui ont étendu leur territoire américain au maximum, et toujours désireux d'étendre leur domination politique et commerciale visent maintenant à dépasser leur emprise au-delà du territoire qu'ils se sont attribués comme nation. Ils ne disposent pas encore à l'époque d'une grande armée capable de développer une grande puissance terrestre. Par contre, ils disposent d'une puissance navale, à la fois commerciale et de guerre déjà très développée, ce situant juste derrière l'Angleterre. C'est donc vers les océans qu'ils envisagent de se développer. Cuba, à faible distance des côtes de Floride, devient vite une priorité. Leur industrie de la canne à sucre inonde les marchés mondiaux. Et puis, ces espagnols, ils ne peuvent pas le encaisser. Déjà, ils ne sont pas tout à fait blancs. Blanc fromage blanc, comme un bon anglo-saxon. Et puis, ce sont des papistes. Et notre protestantisme, la seule religion aimée de Dieu n'aime pas les papistes. Ils boivent du vin, même à leurs messes, vous vous rendez compte ? Ce sont des ivrognes ! Il ne faut avir aucun remord à faire mordre la poussière à ces gens-là. Le problème, c'est que ces satanés Espagnols sont encore sur les deux océans. Il va falloir maîtriser tout cela, pour qu'ils ne puissent plus venir, même de loin, nous chercher des noises à Cuba. Bon, il y a encore un problème, et il est de taille : les deux océans sont séparés par le continent et passer de l'un à l'autre requiert un lond détour par le sud. On parle bien de percer un passage qui permettra la circulation maritime d'un océan à l'autre sans détour. Mais on n'en est pas encore là. Il ne faudra d'ailleurs pas oublier de s'en occuper, et assurer le contrôle de ce chantier. Théodore Roosevelt règlera cela. Mais en attendant, commençons par régler le sort de ces foutus Espagnols des Philippines, là-bas au fond du Pacifique, près des côtes asiatiques. Heureusement, à mi-distance, il existe un petit état où nous avons déjà pas mal de nos co-colonisateurs qui y sont installés et qui pourra nous servir de relai sur notre route maritime vers les Philippine. C'est un archipel peu peuplé, et c'était un petit royaume insignifiant, avec en plus une femme à sa tête, Liliʻuokalani, vous vous rendez compte ? Heureusement, on disposait là-bas de quelques riches hommes d'affaire qui l'ont déjà boutée dehors en 1893, et c'est maintenant une république que nous contrôlons. Mais bon, maintenant nous sommes déjà en 1897, et il est plus que temps, que notre président McKinley annexe définitivement cet archipel d'Hawaï. Allez zou ... voilà, c'est fait. Oh zut, on a oublié de demander l'avis des Hawaïens par référendum. Ce qui est contraire à notre belle Constitution. Bon, on n'a pas trop tenu compte de l'avis du Congrès non plus. Mais bon basta. Nos conpatriotes semblent satisfaits, et l'avis des Hawaïens, on va quand même un peu s'en foutre. D'ailleurs James Cook, le navigateur British du XVIIIe siècle avait été le premier blanc à y mettre les pieds (il y est d'alleurs mort en 1779), et il avait appelé cet archipel "Îles Sandwich". Preuve qu'elles ne demandaient qu'à être bouffées, non ?
Donc, et là c'est moi qui parle, mais aussi un bon nombre d'historiens, l'annexion d'Hawaï en 1897, puis son rattachement en tant que 50e État de l'Union en 1959, n'a jamais été légale. Finalement Trump a peut-être raison, mais pas pour la bonne raison : Obama, né en 1961 à Hawaï, n'est pas né en terre légalement américaine. Et tout aussi légalement, il n'aurait pas pu être président de ces états désunis.
Allez, reprenons. Depuis une dizaine d'année, on a déjà une rade sur l'île O'ahu, dans un endroit bien abrité (un "honolulu" comme ils disent, ces Hawaïens). Développons-là. On va demander aux Hawaïens de nous aider. En échange, ils ne devront pas payer de droits de douane sur le sucre qu'ils importent aux États-Unis. On va trouver un joili nom. Que pensez-vous de "Port de la Perle" ? Chouette non ? Et puis, il est si "honolulu" qu'il ne pourra jamais être attaqué. Quoi ? Qu'est-ce que vous dites ? Avec des av... ? Ha Ha Ha, comme si cette ridicule invention de ce zany French, Clément Ader, avait le moindre avenir ! Ha Ha ! D'ailleurs, jamais aucun Américain ne s'intéressera à ça ! Qu'est-ce qu'on est malins ! Ah, oui, tant qu'on y est, n'oublions quand même pas d'un peu foutre aussi le boxon à Cuba. Eux, on leur augmente de 40% leurs droits de douane sur le sucre. Quoi ? Ça va retomber sur les planteurs ? Surtout les petits ? Et bien, ils n'auront qu'à se révolter. C'est tout bon pour nos affaires.
Allez, sus aux Philippines. Coupons d'abord leurs communications avec le reste du monde, et prenons les par surprise. Envoyons-leur notre croiseur USS Boston (le second du nom construit en 1884) et assaillions le port de Manille par surprise. Taïaut Taïaut Taïaut ! Et hop, c'est fait. Nous avons écrasé les papistes philippins... Bon, et maintenant, qu'allons-nous faire ? On se contente de Manille et son île, ou on annexe l'ensemble de Philippines ? Dilemme, car l'annexion de tout l'archipel signifie plus de troupes et d'administration bloquée sur place. Mais d'un autre côté, à quelques pas d'ici, en Chine, il y a des concesions britanniques, allemendes et françaises. Et il ne faudrait pas que l'un de ces pays vienne s'emparer du reste des îles, voire nous disputer notre souveraineté sur Manille. Vous en pensez quoi, le Congrès ? On prend tout ? Allez, OK, on prend tout. Les Philippines ne deviendront indépendantes qu'en 1946.
Bien. Une bonne chose de faite. On contrôle le Pacifique. Occupons-nous de Cuba maintenant. Il nous faudrait un prétexte pour les attaquer. Dire qu'on vient au secours des planteurs, c'est un peu gros. Nous ne sommes jamais allé au secours de personne, sauf si c'est dans nos intérêt et qu'il y a beaucoup de pognon à gagner. Oui, bon, c'est vrai que notre intérêt à Cuba, c'est principalement le sucre, et donc venir au secours des planteurs maltraités par les papistes à un sens. Mais il faut trouver un truc plus gros, plus militaire, un truc qu'on peut dire qu'ils menacent directement notre existence de protestants anglo-saxons blancs esclavagistes et génocidaires. Quoi ? Que dis-tu ? Ah Oui ! Ça c'est une chouette idée. ON vient de construire les deux plus gros bateaux de notre flotte militaire qui sont tous deux dans l'Atlantique. Des cuirassés, dis ! Des gros trucs très défensifs mais aussi très attaquants. Il n'y a que le Brésil qui a su faire ça avant nous. On a appelé le premier l'USS Texas, qui se balade du côté de Rhode Island, et l'USS Maine, qui est du côté de la Floride. On envoie l'USS Maine dans le port de La Havane, et puis on fait comme les nazis ont fait avec le Reichtag en février 1933 : On le fait exploser et on l'incendie. Et on demandera à notre presse new-yorkaise, William Hearst en tête d'inonder les États-Unis et le reste du monde d'articles annonçant (jamais confirmés et des plus douteux - note personnelle) que ce sont les papistes de Cuba qui ont fait le coup. Ça, ça nous donne un très bon prétexte d'invasion... Et ça marche ! On envahit Cuba en deux coups de cuillère à pot : spet navires, dont l'USS Texas coulent la flotte espagnole côté mer, et les Rough Riders, la cavalerie du lieutenant-colonel Théodore Roosevelt s'empare des hauteurs de Santiago de Cuba côté terre. La victoire est rapide et totale. Les Espagnols doivent reconnaître par le traité de Paris, l'indépendance de Cuba, en réalité sous contrôle américain, l'annexion américaine des Philippines et doivent en plus leur céder l'île de Guam, côté Pacifique et Porto Rico, côté Atlantique. L'Amérique devient un empire colonial avec une marine de guerre approchant celle de la Grande Bretagne. Cette guerre hispano-américaine n'a duré que quelques semaines de 1898, et en quelques semaines, ils sont devenus la seconde puissance mondiale derrière la Grande Bretagne, tout cela, du début à la fin, en se foutant complètement du bonheur ou du malheur des peuples. Mais c'est toujours ainsi avec les puissances coloniales. John Hay, encore ambassadeur américain à Londres, mais bientôt Secrétaire d'État de McKinley puis de Roosevelt a d'ailleurs écrit que ce fut "A Slpendid Little War". Ce qui résume tout de la mentalité belliqueuse des Américains qui ne s'est jamais arrêtée depuis.
D'ailleurs, dans le même temps, notre bon Roi Bâtisseur, Léopold II se comportait de façon ignoble sur le territoire qu'il s'était auto-attribué avec l'aide de l'aventurier britannique Henry Morton Stanley dans le centre de l'Afrique, à l'intérieur du bassin du fleuve Congo. Les Belges, entre le caoutchouc rouge, servant à fabriquer les pneumatiques Dunlop, et l'assassinat de Patrice Lumumba, se sont conduits comme d'infâmes crapules au Congo, et il serait plus que temps qu'ils s'en excusent officiellement, plutôt que de se limiter à de vagues regrets susurrés du bout des lèvres. - Theodore Roosevelt et William Howard Taft : le bâton et la banane.
À peine élu pour un second mandat, McKinley, qui était loin d'être un va-t-en guerre, et qui avait du fortement poussé au derrière pour qu'il déclenche la guerre hispano-américaine, se fait assassiner par un anarchiste le 14 septembre 1901. Theodore Roosevelt, qu'il avait pris comme vice-président pour ce second mandat, suite à le popularité de celui-ci en tant qu'officier vainqueur de l'annexion de Cuba, devient de facto 26e président des États-Unis.
La politique du « gros bâton » ou « big stick policy » faire référence aux années 1901-1909, dates du double mandat de Théodore Roosevelt.
Pourquoi « gros bâton » ? La réponse n’a pas été clairement présentée par Roosevelt. En réalité, il semble que ce soit un emprunt au proverbe africain « parle doucement et porte un gros bâton ».
Par cette politique, les Etats-Unis s’arrogent, unilatéralement, un droit de police sur leurs voisins, et plus généralement sur l’ensemble de l’Amérique. Selon Roosevelt, la paix et la sécurité des Etats-Unis nécessitent un armement préventif et ce droit d’intervenir unilatéralement hors des frontières. Cette politique apparait comme le prolongement de la doctrine Monroe, formulée en 1823. Elle est plutôt la concrétisation politique de cette doctrine : là où Monroe affirmait que l’Europe ne pouvait intervenir dans les affaires américaines (et vice-versa), Roosevelt affirme lui que les Etats-Unis peuvent intervenir là où bon leur semble.
Mais pour nous, l’acte fondateur de cette politique est la construction du canal de Panama entre 1904 et 1914. Ce projet, à l’origine voulu par Ferdinand de Lesseps et les français, a avorté, suite à des dénonciations de corruption et de pots de vin dans la politique française. Résultat, Roosevelt reprend ce projet en main, capitalise son influence sur l’Amérique du Sud, et se porte garant d’un des projets les plus importants de l’histoire de la navigation, permettant des gains de temps considérables, sans passer par le détroit de Magellan. Cette construction n‘aurait été possible sans l’aide américaine apportée au Panama dans sa lutte pour l’indépendance vis-à-vis de la Colombie.
Cette politique du gros bâton sera abandonnée par son successeur William Taft (27e président de 1909 à 1913) dès 1910, privilégiant la « diplomatie du dollar ». Avec Taft, la domination devient plus économique : c’est l’apogée des investissements de l’United Fruit en Amérique Centrale. La politique du gros bâton renaitra. D’abord en pleine Guerre Froide, à mesure que les guérillas révolutionnaires naissent, avec certains échecs cuisants (la Baie des Cochons cubaine, par exemple). Son bras armé est la CIA, créée au sortir de la seconde guerre mondiale, qui n’hésite pas à déstabiliser ou à renverser des gouvernements sud-américains. L’exemple le plus connu est celui d’Allende en 1973. Mais n’oublions pas Goulart au Brésil en 1964, ainsi que toutes les dictatures sud-américaines de Bolivie, d'Uruguay, du Paraguay, d'Argentine qui seront progressivement mises en place dans les décennies 60-70, avec le soutien de la CIA et d'Henry Kissinger, qui sous le nom d'Opération Condor, arrêta, tortura, exécuta des milliers d'opposants et fera autant de disparus. Faut-il brûler Kissinger ?
En tout cas, Roosevelt, sans le savoir, a jeté les bases de ce qui sera l’impérialisme américain, utilisé à maintes reprises au XXe siècle, et encore aujourd’hui. Mais l’Amérique Latine n’est plus la seule concernée, hélas. Vietnam, Afghanistan, Irak : quelques exemples d’une domination américaine, plus ou moins concertée. Et depuis Trump, c'est tout le Moyen-Orient qui passe sous leur dominnation, avec des alliés qui semblent pourtant inconciliables comme l'Arabie Saoudite et Israël, l'Iran dans la ligne de mire, et avec un mépris total de leurs vieux alliés, au point même de vouloir leur ponctionner le Groenland, voire même le Canada, et d'intervenir directement dans leurs politiques intérieures. Trump a certes toutes les apparences d'un cinglé, mais après Trump, ces gens ne s'arrêterons pas là. Ils ont commencé par se saisir d'un territoire en s'enrichissant par l'esclavage et en se développant par le génocide d'humains présents là depuis 15.000 ans. Ils ne s'arrêteront jamais. Ce sont des gens dépourvus de tout scrupule. Qui encore et toujours entretiennent la notion de race, l'omniprésence de la religion jusqu'à faire mentir leur premier amendement, considèrent que l'anglo-saxon blanc et protestant est l'élite mondiale, et qui, en corollaire de tout cela expulsent ou maltraitent les minorités, réduisent leurs droits, y compris en redéveloppant un grotesque masculinisme archaïque et en supprimant progressivement tous les droits des femmes.
Les Etats-Unis, désormais, « parlent fort, et mènent le monde à la baguette »… On ne pourra pas leur retirer la baguette, mais il devient un devoir urgent, si on veut sauver l'humanité et les écosystèmes, de leur couper les cordes vocales !!!
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Les faits relatés dans ce film sont authentiques, et les détails sont très près de la réalité historique. Le pape Pie IX a été le dernier pape-souverain des États Pontificaux avant que l'Italie déjà unifiée au nord et au sud n'envoie ses troupes sur Rome pour en faire sa capitale. Jusqu'à nos jours, ce pape a eu le plus long mandat pontifical (près de 32 ans) de l'histoire de l'Église catholique. Concernant la politique publique de son état, il a été moderniste au début de son pontificat, installant notamment le chemin de fer et l'éclairage public et instaurant la liberté de la presse. Par contre, dès 1848, alors que des révoltes se développent un peu partout en Europe, notamment en France et dans le nord de l'Italie et que se crée l'éphémère république romaine de Garibaldi, ses penchants réactionnaires vont s'affirmer de plus en plus, jusqu'à devenir le pape le plus exécrable et honni de l'histoire moderne, battant même Pie XII dans la hiérarchie des pontifes les plus vils.
L'enlèvement par le pape d'un enfant juif, parce que baptisé par une servante, à l'insu de ses parents, pour en faire un parfait petit chrétien, n'était pas un cas unique. De pareils faits ont eu lieu sous les papes précédents. Mais cette atrocité a ici pris une dimension politique sans précédent, dans le contexte politique italien et européen. L'événement a été très médiatisé et a révolté non seulement les mouvements les plus progressistes, mais aussi les milieux catholiques eux-mêmes. Les côtés réactionnaires de ce pape n'ont cessé de s'exarcerber. Sa haîne des juifs, des francs-maçons, du socialisme naissant n'ont certainement pas été sans influence sur les esprits des peuples européens qui se sont enfoncés dans toute la première moitié du vingtième siècle dans les plus hideuses des actions antisémites, de l'affaire Dreyfus au nazisme, en passant par les nombreux pogroms.
Certes ce n'était pas nouveau. Cela fait deux mille ans que les chétiens ont massacré autour d'eux tous ceux qui n'acceptaient pas leurs balivernes, et en particulier les juifs, jugés responsables de l'exécution d'un prédicateur juif lui-aussi, qu'aucune source historique digne de ce nom ne rapporte, mais un opportuniste du nom de Saul de Tarse en a fait une espèce d'homme-dieu, et s'en sont suivis des écrits de sa part et de quelques autres illuminés, n'ayant d'ailleurs pas peur de se contredire l'un l'autre. Cet épisode serait d'ailleurs resté purement anecdotique si l'empereur Constantin n'avait pas jugé opportun, trois siècles plus tard, de l'ériger en religion d'état, monothéiste (malgré, curieusement, la présence d'un trio de dieux) comme élément fédérateur de son empire de plus en plus menacé d'effritement, les Romains ayant toujours fait preuve d'une religiosité marquée, bien plus que les Grecs dont leur civilisation est pourtant issue.
Pour en revenir à ce funeste Pie IX, c'est lui qui a inventé le dogme de l'Immaculée Conception (qui contrairement à ce que beaucoup pensent, n'est pas le fait que la mère de JC l'eût enfanté tout en restant vierge - ça, c'est une autre histoire - mais le fait qu'elle soit elle même née de sa mère Anne, dépourvue du péché originel qu'Adam et Ève ont transmis à tous les hommes, et qu'on ne peut laver qu'avec quelques gouttes d'eau, tout en prononçant une formule magique). Des années plus tard, alors que le territoire sur lequel il régnait, de Terracina à Bologne, en passant par Rome et Ancone, était sur le point d'être assimilé à l'Italie qui fera de Rome sa capitale, il s'empressa de réunir le concile de Vatican I, où il fit approuver le nouveau dogme de l'Infaillibilité Pontificale, autre cornichonerie inventée de toute pièce, mais qui allait aussi faire bien des dégats sur les esprits par la suite. Le dogme étant approuvé, et devant l'avancée des troupes italiennes, le concile fit ajourné sine die, mais l'essentiel était acquis.
Au contexte historique entourant Pie IX et l'unification de l'Italie, il faut encore ajouter le rôle de la France du Second Empire. Napoléon III était favorable à l'unification des peuples, en Italie, mais aussi en Allemagne. Il aida donc Victor Emmanuel II de Piémont-Sardaigne et son ministre Cavour à conquérir la Lombardie-Vénétie occupée par les Autrichiens. En échange, et pour faire court, la France reçut du Royaume de Piémont-Sardaigne, le Duché de Savoie et le comté de Nice, par le traité de Turin de 1860 et après consultation populaire des habitants de ces teritoires, pour lesquels l'appartenance à la France était, pour le grand nombre, naturelle, ayant déjà été territoires français sous la Révolution et le Premier Empire.
Par contre Napoléon III s'opposait à l'annexion à l'Italie des États pontificaux. Des garnisons et des troupes françaises y furent placées pour en assurer la défense. Mais déjà l'épisode relaté dans ce film, datant de 1858 choqua jusqu'à l'opinion d'un grand nombre de catholiques français, Napoléon III retirant alors une partie conséquente de ses troupes. La défaite de Sedan lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et la chute de l'Empire marqua la fin de la défense française des territoires pontificaux. Ceux-ci étant envahis, et l'Italie faisant de Rome sa capitale, le statut de la papauté resta flou pendant près de 60 ans, jusqu'aux accords du Latran, signés en 1929, dans l'Italie de Mussolini, donnant officiellement au pape la souveraineté de la Cié du Vatican.
Malgré que ce pape Pie IX fut à mon sens le plus odieux de l'époque contemporaine, des appels à sa béatification furent lancés dès le début du XXe siècle. Mais il faudra attendre le 3 septembre 2000 pour qu'un autre pape, lui aussi passablement réactionnaire, finisse par prononcer sa béatification, en même temps que celle du progressiste Jean XXIII (celui de Vatican II, pas son homonyme pisan du début du XVe siècle, dont le tombeau sculpté par Donatello se trouve dans le baptistère de Santa Maria del Fiore à Florence). Ce geste fut d'ailleurs désapprouvé par beaucoup, ainsi qu'en témoigne par exemple cet article du Monde :
« Béatification de Pie IX et de Jean XXIII, deux papes que tout oppose
Jean Paul II devait béatifier, dimanche 3 septembre à Rome, deux de ses prédécesseurs, Pie IX, qui a régné sur l'Eglise de 1846 à 1878, et Jean XXIII, pape de 1958 à 1963. L'association de deux souverains pontifes que tout oppose suscite l'indignation de certains historiens et théologiens. Pie IX personnifie en effet une conception rétrograde du rôle papal et de la doctrine catholique, alors que Jean XXIII, initiateur du concile Vatican II, symbolise l'entrée de l'Eglise dans la modernité. Les opposants à ce rapprochement surprenant suspectent Jean Paul II d'avoir, en béatifiant Pie IX, voulu ménager les milieux traditionalistes, adversaires de toujours de l'oeuvre de Jean XXIII. En France et en Belgique circule une pétition, signée par Mgr Jacques Gaillot, dénonçant une décision qui « jette le discrédit sur l'Eglise ».

Pour avoir été baptisé à l’insu de ses parents, un petit garçon est arraché par l’Église catholique à sa famille juive. S’emparant d’une histoire vraie qui secoua l’Italie du XIXe siècle, Marco Bellocchio dénonce dans un drame bouleversant la violence de l’arbitraire religieux.
1852. Alors que s’allument les premiers feux de l’unification italienne, Bologne appartient encore aux États pontificaux – le pouvoir temporel y est exercé par l’Église, sous la souveraineté du pape Pie IX. Dans une maison du quartier juif de la ville, le petit Edgardo, l’un des huit enfants de la famille Mortara, est baptisé dans son berceau, en secret, par sa jeune nourrice catholique qui le croit à l’article de la mort. Apprenant les faits six ans plus tard, le tribunal du Saint-Office ordonne, par la voix du père inquisiteur monseigneur Feletti, d’enlever l’enfant à sa famille : désormais catholique, Edgardo a vocation à être élevé dans le giron de l’Église. Il est envoyé à Rome dans le collège de catéchumènes attaché au Saint-Siège, où il est patiemment converti sous l’œil de Pie IX lui-même, sans que ses parents ni la communauté juive ne parviennent à s’y opposer. Alors que l’affaire s’ébruite, soulevant l’indignation au-delà des frontières italiennes, et que la communauté catholique se déchire, le pape, intransigeant et voyant son pouvoir s’effriter, s’arc-boute sur les principes du droit canonique. Pendant ce temps, le garçon, bon élève, oublie peu à peu ses racines hébraïques…
(ARTE)
Après ...
Comme le montre la fin du film, Edgardo abandonne complètement la religion juive, ne voit pratiquement plus sa famille et devient prêtre sous le nom de Pio Maria Edgardo Mortara. Son père Salomone Mortara meurt précocement en 1871, victime de sa notoriété internationale, après avoir été la cible du parti clérical. Sa mère le rencontre finalement en 1878, âgé de 27 ans, après plusieurs années d'attente. Il tente en vain de la convertir au catholicisme, elle et les membres de sa famille. Devenu chanoine du Latran, il est envoyé à partir de 1878 comme « missionnaire pontifical » en Europe, en Italie, dans de nombreuses villes de France, d'Espagne et d'Allemagne, toujours investi de la mission de convertir les Juifs au catholicisme. Mortara est un prédicateur hyperpolyglotte (italien, allemand, espagnol, basque, français, latin, grec, hébreu, anglais) et versé dans la culture biblique. Il prêche aussi à New York mais là, l'archevêque fait savoir au Saint-Siège en 1897 qu'il s'oppose aux tentatives de Mortara d'évangéliser les Juifs en terre américaine et que son prosélytisme met l'Église américaine dans l'embarras.
Il fut toujours reconnaissant à Pie IX pour l'éducation qu'il avait reçue. Ses écrits montrent qu'il n'a jamais compris l'enjeu dont il avait été l'objet dans son enfance, ni l'importance que son enlèvement avait revêtu dans l'histoire des idées politiques du xixe siècle.
En 1906, il se retire à l'abbaye du Bouhay, à Bressoux, près de Liège, où il meurt le 11 mars 1940, à l'âge de 88 ans.
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Opéra Garnier
L'opéra Garnier ou palais Garnier a fêté ses 150 ans en 2025. Pendant toute l'année 2025 et jusqu'en février 2026, spectacles, festivités, expositions se sont succédés pour commémorer l'événement.
Voulu par l'empereur Napoléon III, il a été inauguré sous la IIIe République, le 5 janvier 1875. Comme nous l'avons vu dans un article précédent, il est la treizième salle d'opéra de Paris, et l'avant dernière avant l'inauguration, en 1989, dans le cadre des fêtes du bicentenaire de la Révoliution, de l'opéra Bastille. Aujourd'hui, les deux théâtres sont regroupés au sein de la même institution publique, appelée Opéra de Paris. L'opéra Garnier constitue à coup sûr le joyau du Paris radicalement transformé sous Napoléon III sous la direction du préfet de Paris, Georges-Eugène Hausmann. Il a été localisé dans ce qui fut à l'époque le Paris nouveau, le quartier des affaires, des grands magasins et des joailliers, s'étendant vers l'ouest. Il aura pourtant fallu des circonstances très particulières, en réalité deux désastres pour que ce nouvel opéra voit le jour : d'une part l'attentat de Felice Orsini dirigé contre l'Empereur devant l'Opéra de l'époque, situé rue Le Peletier, en 1858, qui fit huit morts et 156 blessés, mais dont Napoléon III et son épouse Eugénie sortirent indemnes, a incité l'Emepereur à vouloir la construction d'un opéra plus sécurisé, et d'autre part, après la défaite de 1870 face à la Prusse, alors que les travaux sont arrêtés pendant trois ans, l'incendie soudain, et fort heureusement de nuit, de l'Opéra de la rue Le Peletier, pour que la IIIe République décide de terminer l'Opéra du Second Empire, seule solution pour que Paris puisse rapidement se pourvoir d'une nouvelle salle d'opéra.
Après l'attentat d'Orsini, un concours est donc très vite organisé, avec des instructions précises, dont la principale est la sécurité de l'Empereur. De nombreux architectes soumettent leurs projets, mais de façon strictement anonyme. Et contre toute attente, tous les architectes de renom sont progressivement éliminés, dont certains dès le premier tour, tel qu'Eugène Viollet-le-Duc.
Le gagnant du concours est un jeune architecte d'à peine 35 ans et quasi inconnu. Il n'a encore presque rien réalisé, mais il a quand même obtenu le Prix de Rome, ce qui lui vaut un séjour de pratiquement cinq ans à l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, d'où il peut parfaire sa connaissance de l'art et de l'architecture de l'Antiquité, mais aussi de la Renaissance. Il s'y lie également avec tout un groupe de compatriotes excellant dans des arts divers, architecture comme lui, mais aussi peinture et sculpture. Ces cinq années passées à Rome auront une influence importante sur la suite de la carrière de Charles Garnier.
La suite, nous allons la découvrir dans le documentaire ci-dessous. J'y ai ajouté les titres des oeuvres musicales entendues en fond des commentaires, la plupart du temps des musiques d'ouvertures d'opéras. Les oeuvres graphiques illustrant les propos sont également numérotées, et sont détaillées dans un document pdf en lien sous le documentaire. Si vous préférez ne pas être dérangés par ces informations, vous pouvez désactiver l'une d'entre elles ou les deux en modifiant le choix des sous-titres.
Un Opéra pour un Empire
Film de Patrick Cabouat - France (2020)

Les oeuvres graphiques illustrant le film
Les photos de Louis Émile Durandelle du chantier de l'Opéra
La signature de Charles Garnier sur le plafond de la rotonde des abonnés
Andrew Lloyd Webber's Musical "Phantom of the Opera" - 25 years - Royal Albert Hall, 2 October 2011
The Phantom of the Opera, film de Rupert Julian (1925) adapté du roman de Gaston Leroux
Le roman de Gaston Leroux (texte intégral)
Voir aussi
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Why Starmer failed
Rachel Sylvester
The Observer

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Keir Starmer did not accept £5m from a foreign-based crypto billionaire like Nigel Farage, or hold parties in Downing Street in breach of lockdown rules like Boris Johnson, or crash the economy like Liz Truss. The outgoing prime minister is neither corrupt, compromised nor crazy. The deep public hostility to him is hard to explain – and in many ways unfair – but leadership is like an X-ray of the soul and Starmer’s political fractures were exposed from the start. Some point to the winter fuel allowance cut as the “original sin”; others highlight the botched welfare reforms or the decision to accept free glasses. MPs criticise Starmer’s failure to “tell a story”, highlight his lack of charisma, or say he has been a terrible judge of character in making appointments. His supporters suggest that he fell foul of the anti-incumbency mood that is sweeping the world. I think the real problem was more profound. Starmer could never properly explain why he wanted to be prime minister. In fact it was always unclear whether he really knew himself. There was no “irreducible core” to his premiership, no governing project around which everyone could unite. That meant Whitehall did not know what it was supposed to deliver and the voters could not see the point of his government. It left the prime minister swerving all over the place, nicknamed the “ditherer-in-chief” by exasperated officials. Despite a belated radicalism that saw the government announcing a ban on social media for under-16s and promising to get closer to Europe, Starmer too often seemed to have his foot on the brake when the electorate wanted the country to accelerate towards change. His government was defined by incrementalism because it did not dare to press ahead with transformatory change in so many areas, from welfare reform to social care, education or digital ID. There was plenty of analysis about the past but no prospectus for the future. The prime minister failed to provide the optimism people crave. One explanation for these flaws is political. Starmer is a liberal north London lawyer, on the soft left of the Labour Party, but he suppressed those instincts because he thought he had to woo rightwing Reform voters. He hated politics so he subcontracted it all to strategists like Morgan McSweeney who gave him a harder edge on immigration, the environment and Europe. As a result, Starmer found himself pretending to be something he was not. He read out a speech suggesting that Britain was turning into an “island of strangers”. He never believed it but he thought it was what he had to say to win. It meant he came across as inauthentic – he was inauthentic – and there is nothing the voters hate more. At the same time, the prime minister was nervous of championing the two things that did drive him on in politics – the desire to ensure that every child fulfils their potential and a support for human rights and international law. His advisers told him they were not popular or relevant. When I asked him directly last year why he wanted to be prime minister, he said it was to turn around the lives of young people who had been “collateral damage” for the failure of past governments. But within days, Downing Street was declaring that the cost of living was his only priority. Starmer struggled to make decisions because he did not trust his gut and his advisers were only interested in political strategy rather than policy ideas. McSweeney once patronisingly compared the prime minister – his boss – to the driver of the driverless Docklands Light Railway. Starmer might have done better if he had had the courage to follow his own convictions. He appointed Peter Mandelson as ambassador to Washington, against his better judgement, because he was told it was the politically smart thing to do. It turned out to be a disaster. Starmer then blamed everyone around him when things went wrong, brutally throwing good people under the bus, instead of taking responsibility. There may also be a more psychological explanation for the prime minister’s failure to cut through. Politics is an emotional as much as an intellectual endeavour and Starmer was unable to form that connection with the voters. His own personal story is one of triumphing against the odds. He was the first in his family to go to university and as a child he spent many days sitting beside his mother’s hospital bed. It is a powerful narrative but those who know him best believe he struggled to tap into the emotional potential of that personal experience because he felt guilty that he had “succeeded” in the eyes of society while his siblings had a difficult time. His father always told him he was no better than them and he learned early on to suppress his emotions. His tearful promise at the end of his resignation speech to be the best husband and father was a rare glimpse of the sort of humanity the electorate now demands from its leaders. But it was too late. As he stood behind the podium outside the door of No 10, Starmer listed his achievements. He had turned around a Labour Party that was “politically, financially and morally bankrupt” then won a landslide general election victory. He had ushered in a stronger economy and improvements on NHS waiting lists, infrastructure, workers rights and immigration. He accepted “with good grace” that his time was up but he insisted that his successor “will inherit a Britain that is far stronger and fairer than the one I inherited two years ago.” Andy Burnham will walk up Downing Street next month promising a new era of “hope”. The voters in Makerfield warmed to his human touch and his positivity but he will be facing all the same dilemmas and trade offs as Starmer. One former cabinet minister says: “We can’t have a repeat of a Labour prime minister walking in through the door of No 10 without an agenda or a plan, that’s what happened last time with Keir and it would be fatal for the Labour Party and frankly a dreadful outcome for the country.” The last few months have shown that politics is more febrile than ever. Events seem to be playing out at double speed at Westminster and beyond. Burnham will not have long to prove himself. The moment he moves into No 10 he will be transformed from insurgent to incumbent. Hope will rapidly turn to disappointment if he does not deliver genuine and tangible change. |









