Charles Garnier a signé son oeuvre de façon très discrète sur le plafond de la rotonde des abonnés, avec les dates de début et de fin de construction de l'Opéra, le tout entrelacé d'arabesques florales qui appellent déjà l'Art Nouveau.

Le gala d'inauguration du 5 janvier 1875 s'achève par le ballet La Source, un ballet en 3 actes et 4 tableaux d'Arthur Saint-Léon, sur un livret de Saint-Léon et Charles Nuitter. La musique est de Léon Minkus pour les 1er et 4e tableaux et Léo Delibes pour les 2e et 3e tableaux.

La musique accompagnant cette vidéo est un extrait de la variation de Naïla, scène 23 de l'Acte II.


Partition de la source réduite pour piano


Rita Sangalli


Variation de Naïla

Partition complète pour piano du ballet La Source

Le ballet La Source a été créé à l'Opéra de Paris en 1866. À l'origine, le chorégraphe Arthur Saint-Léon avait écrit le premier rôle féminin pour la danseuse allemenade Adèle Grantzow (1845-1877) à laquelle Saint-Léon était très attaché du fait de ses grandes performances dans les précédents ballets qu'il avait écrit. Mais lors de la première, elle est retenue par d'autres contrats ainsi d'ailleurs que Saint-Léon lui-même, resté en Russie, et ce sera la danseuse italienne Guglielmina Salvioni qui créera le rôle de la fée Naïla. Dès 1867 cependant, Adèle Grantzow est de retour à Paris et reprend le rôle.
Quant à Rita Sangalli (1849-1909), après avoir étudié la danse à la Scala de Milan, elle part danser en Angleterre et aux États-Unis, où d'ailleurs elle crée sa propre compagnie. Elle revient à Paris en 1870 en pleine guerre franco-prussienne, et part se réfugier à Londres. Elle revient en 1872 et reprend le rôle de Naïla dans La Source qui est remise au répertoire de l'Opéra de Paris. Toutes les représentations jusque là, ont bien évidemment lieu à l'opéra de la rue Le Pelletier (qui brûlera en 1873) puisque l'Opéra Garnier n'est pas encore achevé.
Rita Sangalli sera une danseuse vedette de l'Opéra de Paris, ne connaissant pas de concurrence jusqu'à l'arrivée de l'Espagnole Rosita Mauri (1849-1023) en 1878. Elle arreta sa carrière en 1882. Ce fut donc elle qui tint le rôle de la fée Naïla lors du gala inaugural du nouvel Opéra de Charles Garnier, le 5 janvier 1875