Miss Austen - mini-série en 4 épisodes de Aisling Walsh (2024)
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Miss Austen
Mini-Série d'après le roman de Gill Hornby réalisé par Aisling Walsh sur un scénario de Andrea Gibb (2024)
Vers 1830, plus de quinze ans après la mort de Jane Austen, sa sœur Cassandra recherche sa correspondance. Veut-elle détruire ces lettres ou les préserver ? S'inspirant librement de faits authentiques, la mini-série "Miss Austen" est une satire sociale et féministe à l’humour caustique. Une production de la BBC à l’occasion des 250 ans de la naissance de la romancière britannique.
Présentation d'ARTE Toute sa vie, Cassandra fut la personne la plus proche de sa désormais célébrissime cadette. Celle qui veilla sur Jane avec une grande tendresse jusqu’à sa mort prématurée, en 1817, est aussi la principale suspecte concernant la destruction d'une grande part de la correspondance écrite par la romancière. Sur une estimation de 3 000 lettres, seule quelque 160 ont été retrouvées, dont le caractère anodin frustre les biographes, quasiment privés de matériaux intimes sur l'autrice d'Orgueil et préjugés. Adaptant le roman éponyme (paru en France en 2020 aux éditions Hauteville) de Gill Hornby, qui s'est emparée de l’énigme pour donner vie à ce personnage de l’ombre, Andrea Gibb signe un récit enlevé et superbement interprété, Keeley Hawes (Cassandra) et Patsy Ferran (Jane) en tête. Entremêlant avec fluidité le présent et le passé – chaque lettre retrouvée fait resurgir les émotions que "miss Austen" a gardées pour elle, dont ses rêves avortés de mariage et son amour sans limites pour sa fragile et brillante sœur –, cette minisérie rappelle aussi la cruauté du sort réservé aux femmes privées de dot et d'héritage, donc sans recours contre la tyrannie d'un père (comme celui d'Isabella) ou l'indélicatesse d'un frère (comme le James Austen largement fictif mis en scène dans la série). Amours chastes et passionnées, humour caustique, satire sociale et féminisme : coup d'envoi sur la BBC d'une "année Austen" abondamment fêtée outre-Manche – l'autrice est née il y a deux cent cinquante ans bientôt, le 16 décembre 1775 –, ces quatre épisodes se montrent brillamment fidèles à l'œuvre qui les a inspirés.
Vers 1830, plus de quinze ans après la mort de Jane Austen, dont la renommée littéraire grandit au Royaume-Uni, Cassandra, sa sœur aînée restée comme elle célibataire, arrive au presbytère de Kintbury, où elle a maintes fois séjourné dans sa jeunesse. Elle vient soutenir la jeune maîtresse de maison, Isabella Fowle, qu'elle a connue tout bébé, et dont le père est mourant. Mais outre son désir sincère d'aider celle dont la défunte mère fut une proche amie de sa chère Jane, "Cassy" veut aussi s'emparer des lettres de cette dernière avant qu’elles ne tombent dans de mauvaises mains. Celles, par exemple, de sa belle-sœur Mary, femme brutale et rapace, prête à tout pour rehausser son statut social – et si possible assurer au passage la gloire littéraire posthume de feu son époux, le médiocre James, aîné de la fratrie. Dès son arrivée, Cassandra se met discrètement en quête des lettres et promet au vieux pasteur à l'agonie de veiller sur Isabella. La précarité des filles sans fortune, qu'elle-même et Jane, avec leur mère, avaient subie après la mort de leur père, menace aujourd'hui cette dernière : sitôt son père enterré, la jeune fille devra quitter cette maison où elle est née, pour laisser la place au nouveau prêtre de la paroisse. Mary, qui est aussi la tante d’Isabella, débarque à son tour et ne dissimule ni sa condescendance pour Cassandra, ni sa convoitise pour les fameuses lettres.
Après avoir découvert dans une vieille lettre de sa belle-sœur Mary de malveillants mensonges, affirmant par exemple qu'elle et Jane furent rivales en amour, la détermination de Cassandra à lui cacher la correspondance est plus forte que jamais. Sa seconde mission – s'assurer qu'Isabella aura un foyer accueillant dans quelques jours, quand elle aura quitté le presbytère – semble plus difficile à remplir, ses deux sœurs ne manifestant aucun empressement à lui ouvrir leur porte. La lecture d'une lettre dans laquelle Jane raconte à son amie Eliza, lors d'une villégiature au bord de la mer, comment les Austen font la connaissance du séduisant Henry Hobday, la replonge dans le passé.
En proie à une forte fièvre et soignée par Isabella et par la jeune Dinah, sa fine mouche de servante, Cassandra délire, tandis que Mary, aux aguets, fouille le presbytère sous prétexte de ranger pour retrouver les lettres. Dans son esprit troublé, la malade revit avec intensité cet été à Sidmouth, quand la cour passionnée de Mr Hobday à son égard suscitait l'enthousiasme des siens, Jane comprise, alors qu'elle-même, prise dans un insoluble étau, souffrait en silence.
L'odieux pasteur Dundas et sa femme se préparent à emménager au presbytère, et l'avenir d'Isabella, même si elle est assurée d'avoir un logis, semble bien sombre. Cassandra, heureusement rétablie, retrouve dans les lettres de sa sœur les souffrances que l'errance et l'incertitude ont infligées après la mort de leur père à sa Jane adorée, la privant de ses forces. Mais en comprenant que, dans ces ultimes années, sa sœur ne l'a pas tout à fait comprise, elle ne peut retenir ses larmes. L’espoir lui revient en découvrant que le mélancolique docteur Lidderdale, le médecin de la paroisse, pourrait venir en aide à sa protégée Isabella. C'est alors que Dinah, poussée par l'urgence de la situation et inspirée par Persuasion, le dernier roman de Jane Austen, dont Cassandra fait la lecture à voix haute chaque soir, prend une décision intrépide.